Chapitre 1

Bonjour, Bonjour chers tous

 

Une nouvelle histoire voit le jour sur ce blog

 

Le titre en est L’AUTRE, ce n’est pas encore definitif

Ce sera un POV

Je vous en souhaite une bonne lecture

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Chapitre 1

 

Il s’en va. J’entends ses pas décroitre. Bordel, ce fut dur. Si difficile de le laisser partir. Mais, je suis fatigué de cette vie. Epuisé de me cacher. De se cacher. Il n’assume pas. Je veux qu’il sorte du placard.

Qui je suis ? Je suis l’autre. Le pan de vie caché de mon homme. Sa faiblesse. Son besoin désespéré. Son obsession.

Vous n’allez pas spécialement m’aimer. Je suis ce qu’on appelle communément la maitresse. Bien que je sois un vrai mec, avec tout ce qu’il faut, là où il faut.

Je suis Gay. J’assume pleinement mon orientation sexuelle. Pas lui !

Je peux comprendre. Mais je ne veux plus accepter. Cela me tue à petits feux. Comment en suis arrivé à dériver ? A vivre cette relation adultère ? Si vous avez du temps à me consacrer, je vais vous raconter.

Je me souviens, c’était un matin nuageux. On ne voyait presque rien à cinq mètres, tellement le brouillard était dense. Mon rêve, ce jour-là. Rentrer chez moi, me préparer un bon thé à la menthe, pour me réchauffer et me mettre sous ma couette. Et dormir. Le truc hyper banal !

J’arrivais sur le quai du train. Seuls les agents de nettoyages et les ouvriers, dormant quasi debout, trainaient ici et là, attendant que le train veuillent bien les amener à leur boulot. Les usagers du train, ceux qu’on voit tous les jours. Le petit hochement de tête habituel, réservé aux connaissances inconnues.

Je m’installai comme d’habitude à côté de la porte. Branché avec mes écouteurs, je somnolais au son de sherazade de Rimski-Korsakov, j’adorais le solo de violon. Il avait le don de me détendre.

J’avais les yeux fermés quand je sentis à côté de moi, une petite agitation. Mes paupières se soulevèrent. Un homme s’était installé face à moi. J’eus un imperceptible soupir d’exaspération. Putain, le wagon était long et presque vide. Pourquoi fallait-il que ce mec se place là ? C’était quoi cette manie que les gens ont d’envahir les espaces personnels, comme ça. Je lui jetais un regard noir, et il me sourit en réponse. Crétin !

Mais malheureusement pour moi, ce sourire illumina son visage que j’aurais qualifié de plutôt banal. Mon cœur fit une embardée. Je me composais un visage neutre. Et après un dernier regard, je me recroquevillais sur ma chaise et laissai tomber mes paupières, me replongeant dans la vie de la raconteuse de contes. Subreciptement, je baissais légèrement le volume. On ne sait jamais.

Cela aurait dû s’arrêter là. Tout le monde avait déjà vécu cette petite scène hyper banale, dans la vie de tout bon usager des trains.

  • Bonjour, me dit une voix douce.

Je levais une paupière. Il me fixait, ses iris verts plein d’attente.

  • Bonjour, répondis-je de ma voix la plus froide.
  • Vous allez bosser ?

Evidemment ! En plus d’occuper mon espace, Monsieur avait besoin de faire la parlotte. Là, je devins franchement désagréable.

  • Non, je me suis réveillé en me disant, tiens si j’allais prendre le train de bon matin, histoire de ! Feulais-je. D’autres questions ?

Il n’avait pas besoin de savoir que je rentrais chez moi, après ma nuit de travail.

Son visage se décomposa légèrement.

  • Euh non, mais vu qu’on va passer une heure ensemble, je voulais juste tuer le temps en discutant tranquillement.
  • J’ai pas envie de discuter, maugréais-je.
  • Ok ! Ok ! Dit-il, en levant les mains en signe de reddition.

Parfait, il allait me laisser tranquille, je repartis dans ma somnolence. Mais je sentais son regard fixé sur moi. Brulant. Ce qui me fit m’agiter sur mon siège. Je rouvris les yeux. Toujours cet état d’attente. Mais que me voulait-il à la fin ?

  • Quoi ? Demandais-je, un brin énervé.
  • Rien…Rien du tout !
  • Alors arrêter de me fixer comme ça. C’est agaçant !
  • Excusez-moi ! Je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise.
  • Et bien c’est le cas…M’exclamais je, la voix mauvaise.

Je vis ses prunelles vertes s’éteindre et bizarrement, ça me fit un coup au cœur. Je ne comprenais pas. Ce mec était un véritable inconnu pour moi. Et pourtant, son air de chien battu me retournait l’estomac. Allez savoir pourquoi. Je n’étais pas du genre à déblatérer avec des inconnus, je le faisais assez dans ma vie professionnelle, tellement, à en avoir la gorge sèche et la bouche déshydratée. Alors, je peux vous assurer que le mutisme était pour moi, un don de Dieu. Bizarre, vous direz ? Non, c’est juste que, quand notre boulot est de parler, négocier, échanger tous le temps, limite 24 heures sur 24, le silence devient un véritable havre de paix. Il y a des moments où, on n’a plus du tout envie de parler.

  • Désolé, tentais-je. J’ai eu une mauvaise soirée.
  • Non…non, c’est moi. Je ne devrais pas vous fixer. Mais…
  • Mais quoi ?
  • En fait, je ne sais pas. Je vous ai vu. Et c’est comme si quelque chose me poussait vers vous. C’est une sensation étrange.

Je le regardais plus attentivement. Mes yeux glissèrent de son visage à son corps. L’homme était plutôt bien fait de sa personne. Pas trop musclé, un petit ventre proéminant, débordant légèrement. Il portait un costume noir classique qui l’amincissait, avec une chemise dans les mêmes tons et une cravate irisé. Plutôt bien habillé, je dirais même classe. Ses cheveux noirs étaient coupés à la brosse, dégageant son visage. Il avait le type du banquier, trader, du mec à pognon. Le genre que j’aime. Quand mes yeux descendirent plus bas, je restais un moment scotché. Je devais halluciner, le mec bandait. La protubérance était telle que je ne pouvais pas la manquer. A la place de sensation étrange, j’aurais plutôt dis basique. Quand je revins vers son visage, il rougit. Une jolie tomate mure. J’esquissais un sourire. Faut pas se mentir, c’est toujours agréable de savoir qu’on plait. Et je ne suis pas hypocrite au point de détourner les yeux et de faire l’offusqué.

Ca faisait un bail que je n’avais pas été dragué dans un train. Depuis ma folle jeunesse, à dire vrai.

  • Il me semble que vous avez un léger problème, soufflais-je, mon regard irresistiblement attiré vers le bas.

Sa posture se modifia imperceptiblement. Il ouvrit les jambes légèrement, me laissant découvrir la pleine mesure de l’effet que je lui faisais. Comme si ma remarque le mettait en confiance.

  • Effectivement, opina-t-il. Mais, je ne sais pas comment le résoudre, se léchant les lèvres.

Ce geste me fit monter la tension dans mon propre entrejambe. Quand il vit l’impact de ces mots, il eut un sourire. Lascif. Ce qui augmenta le volume de mon sexe. Seigneur…Ce mec me faisait de l’effet. J’avais arrêté en même temps que ma folle jeunesse, les plans culs, mais là, je m’avouais que j’étais tenté ! Même un peu trop tenté par lui. Peut-être par provocation ou par un surplus de confiance, il colla sa jambe à la mienne, me faisant du pied.

  • Ça vous dit de faire plus ample connaissance ? Me demanda-t-il.

Je restais un long moment muet. Pesant le pour et le contre. Je n’avais pas eu de relation sexuelle depuis plus d’un mois. Non, pas que j’étais en manque, pour le moment mon poignet faisait l’affaire, mais un quelque chose dans son regard, me dit que je pouvais passer un sacré moment. Et puis, j’avais envie de lui. C’était évident au vu de la dureté de ma queue.

Un petit coup, vite fait, sans chichi, sans sentiments, juste pour le plaisir. Pourquoi pas ?

  • Oui, ça me dit de faire plus ample connaissance. Mais à une condition. On ne donne pas de noms, pas d’adresse…Rien !
  • Ça me convient, me souffla-t-il. Juste deux hommes qui ont envie de plaisir. De se faire plaisir.

Voilà comment ma vie devint un enfer !!!

 

 

 

 

chapitre 27 et fin BAD END

Voila chers amis connus et inconnus

C’est vraiment la fin d’Echec et Mat

J’espère que mon histoire vous a plus, n’hésitez pas à me donner vos impressions et critiques.

Bien entendu, le temps de retravailler et de faire les dernières corrections, et vous pourrez le demander, si vous souhaitez lire cette histoire avec une fin triste.

En attendant bonne lecture.

 

Chapitre 27 BAD END

Le temps, ce mouvement ininterrompu par lequel le présent devient le passé. Le temps, cette notion fondamentale conçue comme un milieu infini dans lequel se succèdent les événements. Que Christopher en était venu à haïr. Violemment, ardemment.

Le temps qui pouvait s’égrener si doucement ou filer à une allure fulgurante. Impossible à combattre. Lui volant petit à petit, doucement, sans bruit, sans blessure un pan de bonheur, jusqu’à l’achèvement.

Il avait exécré le temps.

Il avait vu filer les minutes, les secondes, les heures. La nuit remplaçant le jour, indéfiniment.

Il aurait donné n’importe quoi pour arrêter le temps.

Assis dans son bureau, les rideaux fermés,  il avait demandé à sa domesticité de ne pas le déranger. Il devait être très tard ou très tôt. Il ne savait pas. Entièrement coupé de monde. Il buvait et  les entendait, parcourant le château ici et là,  tentant de n’émettre aucun bruit,  furtifs et silencieux. Acceptant, en  toute discrétion que leur maitre panse ses blessures. Voulant lui offrir le réconfort du recueillement.  De vivre sa perte, cette séparation comme il le souhaitait. Il ne voulait pas savoir ce qu’ils pensaient. Il voulait vivre avec cette douleur.

Et il en avait besoin. Il avait besoin de  la vivre dans la solitude.

Il avait besoin de…

Il ne savait pas de quoi il avait besoin.

Il avait envie de pleurer. Il sentait le picotement des larmes qui voulaient se déverser. Ses yeux brulaient.  Il n’avait plus pleuré depuis son enfance. Son père y avait veillé.

Cet état larmoyant n’était pas lui.

Mais, il n’avait pas envie d’être ce duc arrogant et froid, que tout le monde connaissait. Il avait mal. Pour la première fois de son existence, il souffrait véritablement. De la perte d’un être cher. Oscillant entre rage et désespoir. Réalisant vraiment qu’il allait rester seul pour le reste de sa vie.

Il était parti. Ils étaient partis. Plus de rires à gorge déployée, émis par un ange juvénile. Plus de baisers volés, furtivement,  au détour d’une galerie, plus de nuits débridées, plus de parties d’échecs.

Plus rien.

Il avait tenté de le soudoyer, il l’avait aguiché de maintes et maintes manières. Combattant logique et raison, son désir et son amour étant des ombres sans substance face à l’implacable.  Sans résultats probants, perdant sa dignité, son arrogance devant la rigidité féroce de son amant. Menaces et cajoleries n’avait été d’aucun secours. Son amant était resté inflexible. L’amenant à des confins de bonheur, et le laissait là, seul. Il avait lu dans ce regard lapis lazuli, cette lueur insaisissable,  comprenant peu à peu  que son amant lui échappait immanquablement.  Décidé à le laisser avec ses souvenirs pour seule compagnie. Paradoxalement, il était fier que son amant soit resté sur ses positions,  l’obligeant à assumer les conséquences de cette décision.

Il était parti. Prenant avec lui, les restes d’un cœur brisé. Abandonné.

Il se faisait l’effet d’une coquille vide de tout sentiment.

Un pantin articulé. Sans émotions. Inutile.

Horrible réalité. Vacuité de son existence.

Cette dernière nuit. La plus magnifiquement effroyable de toutes. L’ultime.

Son besoin de se gorger de son amant avait été si forcené. Si fiévreux.

Leurs corps en sueur, leurs baisers au gout de désespoir.

Sentir encore une fois ces lèvres le parcourant, ce membre massif le pilonnant, le revendiquant. Le possédant.

Ils avaient fait l’amour, sachant que ce serait la dernière fois.

Sans un mot, leur corps et leur cœur parlant pour eux. Les paroles étaient inutiles. Ils savaient.

Crachant leur amour, sans bruits, avec maints halètements et gémissements.

Ils s’étaient aimés, sachant que plus jamais, pour aucun des deux, ils ressentiraient cela. Se consumant ensemble, tremblant sous leurs caresses respectives, s’offrant.

Et maintenant devait-il oublier ? Oublier l’absolue beauté de ce qu’ils avaient partagé ! Oublier le plaisir de tenir ce corps tant aimé dans ses bras.

Peut-être que si il fermait les yeux ?

Il sentirait encore Sébastian l’embrasser sur tout le corps. Lécher sa poitrine. Sentir encore au plus profond de lui, ce membre qui l’avait pilonné, qui l’avait amené jusqu’à l’orgasme. Entendre encore ce petit bruit de gorge qui le rendait fou de désir. Ressentir le frôlement de cette main qui remontait doucement vers son sexe, le faisant trembler et pousser de sourds gémissements. Sentir ce plaisir qui montait en lui. Sentir ses poumons bruler par la vision des lèvres penchées sur son sexe tandis que Sébastian allait et venait sur sa virilité.

Il sentirait encore son sexe comprimé dans cette cavité chaude, tandis qu’il se retenait à ses hanches et poussait jusqu’à la garde. Il sentirait cette gangue douce l’envelopper.

Seigneur, à cet instant même, il le désirait tellement. Il voulait encore le lécher, le sucer, le dévorer, le mordre. Il voulait encore le posséder, entrer en lui. Il avait encore l’impression de sentir son odeur fait de musc et de sueur.

Un petit coup à la porte le fit sortir de sa transe. Il ouvrit les yeux.

  • Entrez ! Maugréa-t-il.

Fritz entra, a petit pas comptés. Contemplant son maitre avachi dans le fauteuil.

  • C’est pourquoi ? Demanda Christopher sur un ton rogue.
  • Votre Grace, j’ai une lettre pour vous.

Christopher fixa son majordome d’un air torve, puis d’un geste dédaigneux il désigna le bureau où il était assis.

  • Posez-la, ici !
  • C’est que…
  • Quoi ?
  • C’est une missive de Mr Stanhope.

Christopher se releva d’un coup.

  • Donnez-moi cela !

Et il arracha la lettre des mains de son serviteur. Il décacheta le courrier, inconscient du départ de Fritz.

«  Mon amour,

Je suis sûr que tu es en ce moment même en train de boire jusqu’à l’ivresse, pour oublier. Mais, je ne souhaite pas que tu oublies. Je veux que ce que nous avons vécu tous les deux, reste telle une encre indélébile dans ta mémoire, mais surtout dans ton cœur.

Je ne peux te demander de me promettre fidélité. Le corps à ses besoins. Et il n’est pas sain de rester chaste toute sa vie, même si le Clergé a une autre opinion.

Je sais parfaitement ce que tu ressens. Je le ressens aussi. D’autant plus que c’est mon choix. Te rappelles-tu, de notre première rencontre ? Non, pas celle de mon mariage avec ta défunte sœur. Mais notre véritable première rencontre. Nous étions encore que des enfants. J’étais venu avec mon père qui devait apporter des documents au tien. Cela avait été très bref, mais pour moi, inoubliable. Je me rends compte aujourd’hui, que déjà, tu avais laissé ta marque sur moi. C’est peut être aussi, pour cela, qu’ensuite, au plus profond de moi, j’ai voulu combattre ce lien qui s’était déjà insidieusement forgé entre nous. J’ai eu peur d’affronter l’inconnu. Je sais que j’ai été instable, voire même ambigu. Mais, je ne te remercierais jamais assez d’avoir persévérer, de m’avoir poursuivi de tes assiduités. J’embrasse et salue ton opiniâtreté. Car sans elle, je n’aurais jamais connu le véritable amour.

Je sais que tu me voues aux gémonies, je le fais moi-même. Je n’arrête pas de me répéter et si ? Mais nous ne refaisons pas le monde avec des « et si ». Je voulais te dire une chose. Jamais, au grand jamais, je ne regretterais tous les instants que j’ai pu vivre avec toi. Les bons comme les mauvais. Je n’ai jamais été aussi intensément conscient que je vivais, grâce à ta présence, grâce à toi.

Je ne sais aucunement de quoi notre avenir sera fait. Mais ce que je sais, c’est que j’ai eu le pur bonheur de connaitre l’amour, le vrai. Avec Toi.

A l’instant où j’écris cette lettre, tu me regardes, les yeux rêveurs, te mordillant la bouche, sachant pertinemment l’effet que cela me fait. Tu es allongé sur le lit. Dans l’appartement qui est devenu notre, le temps de cette  unique et magnifique semaine. Tu me demandes à qui j’écris. Je t’ai répondu une quelconque fadaise. Tu te lèves, et t’approches. Je ne veux pas que tu lises cette lettre avant, alors je la referme. Tu commences à poser cette délicieuse bouche sur ma nuque, m’envoyant des frissons. Je ne peux résister.

Je reprends ma lettre, à la lueur de la bougie, te contemplant allongé sur le lit, profondément endormi, une expression comblée inscrite sur ton visage. Rêves-tu de moi ? Je l’espère de toutes mes forces, car je sais que ce sera mon cas pour les années à venir.

Je me doute bien que tu projetteras de venir en Amérique, j’ai l’heur de croire que je te connais mieux que tu te connais toi-même. S’il te plait, ne le fais pas ! Ne gâche pas, notre éblouissante aventure. Je vais déjà vivre avec des regrets. Je ne veux pas vivre avec des remords.

Notre amour n’est pas né au bon moment, au bon siècle, que sais-je ?

Mais, un jour, j’en suis persuadé. Des amours tels que le nôtre n’auront pas à se cacher. L’amour entres hommes ou entres femmes sera reconnu par tout le monde ! Et non décriée et vilipendée. J’en suis sûr !

Car c’est et restera avant tout de l’amour !

En attendant, mon aimé, l’âme de ma vie…Nous nous retrouverons, dans une autre vie.

Et n’oublie pas ceci. Je t’aime.

Tu es et resteras le seul pour moi.

Et ce ne sera jamais une fin, mais juste un éternel recommencement. Grace à nos cœurs.

Ton bien aimé Sébastian Henry Stanhope. »

 

Pourquoi était-ce si brouillé ? Il n’arrivait plus à lire.

Une larme, puis une autre, et encore une autre…

Christopher leva les yeux, qu’il réalisa, complètement embué.

  • Mon amour, chuchota-t-il. C’est en tout cas, notre Fin !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 27 et FIN HAPPY END

Chers vous

 

Voici la fin de l’histoire de Sébastian et Christopher en HAPPY END

J’espère que ma petite histoire vous a plu

Vous connaissez ma position sur l’envoi des histoires…

N’hésitez pas à me contacter

En attendant, je vous souhaite une agréable lecture

 

Chapitre 27 – FIN

 

Elton Hall, 20 ans plus tard,

 

Les invités se pressaient dans l’allée des jardins. Une foule compacte s’était présentée pour l’un des évènements majeurs de la décennie.

Le mariage d’Adrien Stanhope, futur Duc De Fiennes et de sa fiancée, la délicieuse Elizabeth Whitmore, fille d’Anthony et Charlotte Whitmore. Même si les membres de l’aristocratie  étaient quelque peu scandalisés par cette alliance, ils ne pouvaient en aucun mettre en doute le profond amour que les deux futurs mariés éprouvaient l’un pour l’autre. Et cette constatation était mêlée d’une certaine jalousie. Les unions au sein de l’aristocratie étaient plus de raison, sous forme d’alliances, que d’amour. De plus, le duc De Fiennes, lui-même avait donné son aval à ce mariage, arguant du fait que les personnes qui n’acceptaient pas cette union avaient parfaitement le droit de ne pas se présenter au mariage. Mais que cette absence aurait un caractère définitif à l’avenir. Et évidemment, personne ne souhaitait s’attirer les foudres du Duc De Fiennes, l’un des hommes les plus puissants d’Angleterre.

Le temps était magnifique et propice aux festivités. Les deux jeunes époux rayonnaient de bonheur, sous le regard attendri de leurs familles respectives.

Non loin de là, deux vieilles dames étaient installées sur un banc  et contemplaient l’actuel Duc De Fiennes qui discutait avec la femme de son neveu. Tandis que Sébastian Stanhope buvait non loin de là, avec son fils, un sourire heureux soulignant ses traits.

  • Dommage que le Duc ne se soit jamais marié. Dit la comtesse de Dayne dans un soupir
  • Oui ! Un tel bel homme, resté célibataire. C’est du gâchis, clairement, ajouta la marquise de Chaterly
  • Les rumeurs disent qu’il ne peut avoir de descendance, suite à un accident de cheval.
  • Possible ! Mais il y a d’autres rumeurs beaucoup plus sulfureuses.

La Marquise de Chaterly se pencha vers son amie.

  • On dit qu’il n’aime pas les femmes, vous savez…

La comtesse se tourna vers son amie, perplexe.

  • Cela me parait évident, vu que saisons après saisons, aucune débutante n’avait trouvé grâce à ses yeux. Et un homme sans virilité, vous savez…Quel dommage, vraiment !

La marquise referma d’un coup sec son éventail, exaspérée.

  • Il n’aime PAS les femmes !
  • Ah, la misogynie ! Un trait de caractère assez commun chez les mâles et encore plus dans les rangs les plus élevés de l’aristocratie.
  • Très chère, je suis abasourdie par tant d’ignorance.
  • Que voulez-vous dire ?
  • Il préfère les hommes !
  • Oh !!!

La comtesse resta un moment silencieuse, absorbant avec consternation, cette délicate information. Puis elle secoua la tête.

  • Qu’est-ce ses racontars idiots ? Sous prétexte qu’homme ne se marie pas, on suppute qu’il a des penchants ignominieux ? Votre accusation est grave !
  • Je n’accuse en rien. Mais c’est ce qu’il se chuchote dans les bals. On dit même que son beau-frère qui vit avec lui est son amant !
  • Je trouve cela scandaleux de détruire la réputation d’un homme sur des ouï-dire. Stanhope a perdu toute sa fortune dans des investissements. Si le duc n’avait pas été là, il serait à la rue, avec son fils. Ce que vous calomniez n’est que de la générosité d’un membre de la famille envers un autre. Vous pensez sincèrement que feu la Duchesse De Fiennes, aurait laissé une telle chose se produire de son vivant ? Et les domestiques ? Vu ne pensez pas qu’ils auraient colporté cette information ? Ce ne sont que des stupidités. Je n’en crois pas un mot. Et je comprends d’autant mieux que cet homme (montrant le Duc qui riait) ne se soit jamais marié, nonobstant son  délicat problème.
  • Ce ne sont que des rumeurs ! Je n’en suis aucunement responsable.
  • Certes, très chère. Mais vous les propagez. Cependant, j’ai le souvenir que vous aviez reçu un sacré camouflet de sa part, il y a quelques années de cela. Il vous avait assené que vos minauderies l’ennuyait profondément. Vos racontars ne sont que pure jalousie.

La marquise rougit furieusement. En effet, elle avait tenté sa chance auprès du duc. Ce dernier l’avait complétement ignoré. Elle avait difficilement supporté cet affront. Etant à cette époque, la débutante la plus courtisée de la saison. La comtesse, goguenarde, enfonça le clou.

  • Il me semble que vous aviez même essayé de l’attirer dans un traquenard, pour l’obliger à vous épouser. Ce qu’il avait catégoriquement refusé. Une chance pour lui que son beau-frère était avec lui, cette nuit-là. Vous avez dû, si je ne m’abuse vous retirer dans votre domaine, le temps que ce scandale soit oublié.
  • Stupides gamineries, j’étais naïve et idiote, je vous l’accorde. Mais depuis, le Duc et moi-même nous nous fréquentons en bonne intelligence. Cette inepte incartade fut vite oubliée.

La comtesse la regarda d’un air moqueur.

  • Certes ! Votre présence aux noces de son neveu le confirme, répondit-elle magnanime.

A une vingtaine de mètres de là, Christopher Lloyd, duc De Fiennes, prenait dans ses bras, celle qui était  devenue sa fille de cœur, sous les yeux attendris de son amant qui les contemplait, non loin de là. La jeune femme, depuis son plus jeune âge  avait compris et accepté la relation particulière que vivaient les résidents d’Elton Hall. Etant la fille d’Anthony, le meilleur ami de Sébastian, elle avait très jeune fréquenté Elton Hall, et avait découvert  cet amour, considéré comme délétère,  si naturel. Le profond attachement à la famille De Fiennes, l’avait d’autant plus baigné dans cette atmosphère de bonheur depuis sa jeunesse. Elle avait tout aussi rapidement assimilé qu’elle ne devait en aucun cas faire étalage de cette façon de vivre, devant des inconnus et invités.  Son père, grand ami de Sébastian, avait pris les précautions nécessaires pour lui expliquer. Le fait qu’elle soit tombée amoureuse d’Adrien, avait encore renforcé le lien amical entre la famille Whitmore et De Fiennes.

Sébastian et son fils se rapprochèrent du couple et le père prit sa bru dans ses bras.

  • Je suis fier que tu sois ma belle-fille ! S’exclama-t-il.
  • Et moi d’avoir gagné deux papas, en plus du mien, lui répondit-elle doucement, avec un clin d’œil.
  • Comme j’aurais aimé que Grand-mère soit des nôtres, dit Adrien.

Christopher qui avait lâché sa belle-fille,  enlaça celui qu’il considérait comme son fils dans ses bras.

  • De là-haut, elle te regarde et approuve ton choix, répliqua-t-il d’une voix douce.

 

La duchesse douairière De Fiennes s’était éteinte paisiblement pendant son sommeil quelques années plutôt. Apres avoir condamnée pendant des années la liaison  entre son fils et son beau-fils, leur indiscutable bonheur à Elton Hall, avait peu à peu modifié sa position initiale. Il fallait dire l’acceptation inconditionnelle d’Adrien et ensuite d’Elisabeth, avait été l’un des plus grands facteurs. Petit à petit, elle en était venue à apprécier son beau-fils, et une solide amitié était née entre ses deux anciens adversaires.

Son décès fut une très grande perte et chagrina tous les membres de la famille De Fiennes et Stanhope.

Le jeune marié sourit tristement. Mais une caresse sur son bras, le ramena à l’instant présent. Sa femme, le fixait, les yeux emplis de chaleur consolatrice.

Sébastian se tourna alors vers son amant. Le Duc essaya de rester impassible, mais il pouvait lire l’émotion dans ce superbe regard émeraude. D’un geste spontané, il lui serra le bras, sachant pertinemment qu’ils ne pouvaient pas se permettre de gestes plus équivoques en public.

La journée continua tout aussi merveilleusement. Les invités furent impressionnés par les mets qu’on leur servit. Ils portèrent des toasts aux mariés et firent quelques réflexions grivoises sur la nuit à venir, ce qui fit rougir la jeune mariée. Mais on pouvait lire distinctement l’impatience sur son  adorable visage.

Quand Adrien et Elizabeth  décidèrent de s’éclipser, pour entamer leur nuit de noces et leur lune de miel, les invités s’en allèrent tranquillement, après avoir remercié chaleureusement leur hôtes et renouveler leurs vœux de bonheur aux époux.

Quand tout le monde fut parti, Christopher et Sébastian se retrouvèrent seuls. Tous deux étaient installés dans le salon qui jouxtait l’appartement du duc, tandis que les domestiques s’afféraient à nettoyer les restes de la fête.

  • Ce fut une superbe journée. Tout le monde était content. Commença Christopher.
  • Oui, répondit son amant, le visage assombri.

Alarmé par l’expression affligée de de ce dernier, le Duc se leva et se rapprocha de lui.

  • Que se passe-t-il, amour ? Tu me sembles triste ?
  • Crois-tu qu’un jour que le monde acceptera ?

Christopher ne fit pas semblant de ne pas comprendre. Ils avaient déjà eu cette discussion. Bien que très heureux, Sébastian avait toujours du mal à vivre caché. Et cette journée si particulière avait fait remonter cette déception, mêlée de rancœur. Comme il aurait, lui aussi voulu, épouser son amant et proclamer à la face du monde son amour pour son lui. Christopher comprenait parfaitement ces sentiments, mais il était  beaucoup plus pragmatique, et avait fait son deuil de ce qu’il ne pourrait jamais avoir. Il se considéra déjà tellement chanceux de pouvoir vivre tout de même avec Sébastian, même dissimulé. Se remémorant leur vingt de vie commune, avec leurs querelles et les réconciliations. Les inquiétudes qui avaient jalonné leur existence. Ils étaient encore fortement étonnés, d’avoir réussi ce tour de force, que cela en était miraculeux, aussi, ils restaient encore extrêmement prudents.

Lors de leurs obligations à Londres, ils avaient veillés à rester excessivement discrets. Chacun vivait dans un appartement à l’opposé l’un de l’autre. Ils ne se touchaient jamais lors des réceptions et autres manifestations sociales. Ils laissaient cours à leur amour que dans la solitude de leurs chambres. Et curieusement, ils avaient réussi à dissimuler à tout Londres leur liaison pendant des années. Evidemment, Christopher, de par sa position au sein de l’aristocratie, ne pouvait se soustraire à ses obligations mondaines. Mais, d’une manière ou d’une autre, il s’arrangeait pour rappeler aux débutantes carnassières son état de santé, qui malheureusement, était distinctement  incompatible avec leurs velléités conjugales. Arguant qu’il ne souhaitait pas enchainer une pauvre demoiselle à un pauvre infirme tel que lui. Sébastian, à chaque fois qu’il entendait cette explication pleine d’affliction, devait contenir son hilarité. Mais, au fur et à mesure du passage du temps, il restait toujours très étonné,  et même vingt ans plus tard, par ce singulier succès.

 

D’un geste tendre, Christopher enlaça son amant.

  • Dans mon cœur, dans mon corps et dans mon âme, tu es mon mari, Sébastian. Tu es le seul que j’aime. Tu es et seras l’unique amour de ma vie.
  • Je le sais, répondit son amant. J’éprouve la même chose que toi. Et ce depuis plus de vingt ans. Mais…
  • Oui, c’est injuste et débile. Mais notre monde moderne n’est pas prêt. Et peut-être qu’il ne le sera jamais. Mais, si cela te tient véritablement à cœur, nous nous marierons, dans la plus stricte intimité.

Sébastian lui sourit et l’embrassa.

  • Merci mon cœur ! Tu es adorable. Mais je n’ai pas besoin d’une union, pour savoir que je suis à toi. Et que tu es à moi. C’est juste que…
  • Un jour, l’androgamie sera admis de tous ! Contra le Duc. Mais pas aujourd’hui. Nous avons la chance de vivre avec des personnes qui acceptent ce que nous sommes. Les domestiques et nos amis. Le reste du monde peut aller en enfer ! Tant que je t’ai Toi !
  • Tu ne regrettes rien ?

Christopher lui jeta un regard faussement courroucé.

  • JAMAIS !! Et si c’était à refaire, je ferais exactement la même chose. Vivre avec toi est et sera toujours la chose la plus exaltante de ma vie. Tu m’as apporté ce qui me manquait. Je t’aime ! Tu es essentiel pour moi. Ma passion, mon besoin, ma vie !
  • Viens mon amour, montre-moi comment tu m’aimes !

Christopher l’embrassa.

  • Une partie d’échec, Amour ?
  • Seulement s’il y a des gages ! Répondit Sébastian, les yeux rieurs.

Sébastian prit la main de son amant, le regard brulant. Ils sortirent du salon et traversèrent le couloir, main dans la main, sous les regards attendris de leurs domestiques qui leur souhaitèrent une bonne nuit.

Ils se dirigèrent vers l’appartement. Ce lieu qui fut que débauche en un certain temps et qui était devenu le temple de leur amour. Sur la table, l’échiquier de Sébastian trônait là, attendant d’être utilisé pour une nouvelle joute.

Christopher a raison, se dit Sébastian en effleurant la reine noire. Pourquoi s’acharner à vouloir plus, alors qu’il avait tout ce dont il avait besoin. Que ceux qu’il aimait acceptaient leur relation hors norme. Sébastian sourit en contemplant Christopher, si droit, si fier, son arrogance toujours aussi flagrante. Oui, son homme, si noble, si digne est et restera le sien. Et rien, ne changera jamais cela.

Et comme le dit si bien, son merveilleux et arrogant compagnon,  le monde peut aller en enfer !

FIN.

 

 

 

 

Chapitre 26 Happy End

Chapitre 26 HE

La duchesse douairière De Fiennes entra en trombe dans le château, hurlant le prénom de son fils, sous le regard effaré des domestiques.

Ces manières si contraires à la posture requise d’une noble, alarma Fritz qui se précipita au-devant de l’invitée.

  • Votre Grâce, votre fils est alité ! Il ne peut recevoir des visiteurs actuellement.

La duchesse se retourna vers le domestique comme une furie.

  • N’essayez pas de m’entourlouper, Fritz, Je suis persuadée que cette idée vient de vous !
  • Votre Grâce, s’offusqua le majordome.
  • Taratata ! Je vous connais Fritz. Je sais de quoi vous êtes capable pour assurer le bonheur de mon fils.

Le vieux serviteur eut la grâce de baisser les yeux, devant la mine furieuse de la duchesse.

  • Où est-il ? S’écria-t-elle
  • Dans ses appartements, répondit le vieux majordome, d’une voix morne.

Sans un regard de plus, elle monta les escaliers, rapidement et entra sans s’annoncer dans la chambre de son fils.

  • Vous avez osé ! Fulmina la Duchesse.

Christopher, à l’entrée en fanfare de sa mère, eut un sourire goguenard. Et haussa les épaules, nonchalamment.

  • Un problème, mère ?
  • Ne le prenez pas sur ce ton Lloyd ! Vous rendez vous compte de ce que vous avez fait !
  • Qu’ais je fais ?
  • Vous…Vous…spoliez votre héritage, voilà ce que vous avez fait !
  • Non, j’ai juste pris les mesures nécessaires.
  • Les mesures nécessaires ? Glapit la vieille dame. Lloyd, ais-je à un moment dans votre vie, donné l’impression que j’étais stupide ?
  • Aucunement, Mère ! Et cela, à ma décharge pouvait s’avérer fâcheux en certaines circonstances.
  • Lloyd ! (la duchesse inspira lourdement) Je ne peux tolérer cela. Vous allez très rapidement, vous remettre de cet « accident » et reprendre votre vie, et ainsi assurer la pérennité de notre nom.
  • C’est hors de question !
  • Lloyd ! Hurla la duchesse, perdant son sang-froid.
  • Calmez-vous, mère !
  • Que je me calme ! Etes-vous sérieux, Lloyd ? Vous êtes en train de nuire à notre famille, en continuant sur cette voie !
  • Que se passe-t-il ? Fit une voix

La duchesse, ferma un instant les yeux, à ce commentaire, comme si elle ne voulait pas y croire. Puis, rouvrant les yeux, elle se retourna vers le propriétaire de cette voix.

  • Bonjour, votre Grâce, déclara Sébastian Stanhope.
  • Vous !
  • Moi aussi, je suis heureux de vous revoir, annonça-t-il, d’un ton moqueur.
  • Tout cela c’est à cause de vous ! S’écria la Duchesse.
  • En vérité, non ! Révéla Christopher. Sébastian a freiné des quatre fers.
  • Vraiment ? Cela devrait peut être me mettre du baume au cœur ? Comment avez-vous pu souscrire à cela ? Vous réalisez le scandale, si cela est découvert ?
  • Nous en sommes conscients, répondit Sébastian, qui se rapprocha de son amant.
  • Cessez immédiatement cette aberration, Lloyd !
  • C’est hors de question, mère !
  • Lloyd ! fixant les deux hommes qui lui faisaient face. Reprenez vos esprits et votre vie d’antan, et cela n’aura aucune incidence fâcheuse.

Christopher contempla sa génitrice. Puis son amant.

  • Je vais être très clair, mère, déclara-t-il sur un ton ferme et définitif. Il est hors de question de revenir en arrière. Je vais vivre avec Sébastian et Adrien. Vous avez le choix. Ou vous acceptez cet état de fait ou vous pouvez dire adieu à votre fils et votre petit-fils. Vous ne serez plus jamais la bienvenue dans cette maison. Et, je vous coupe les vivres.
  • Pardon ? S’égosilla la Duchesse.

Sébastian se tourna vers son amant, abasourdi par cette sentence. Mais le visage de Christopher était figé par une implacable résolution.

  • Christopher, tu ne peux pas…, S’exclama Sébastian.

Mais le regard inflexible de son amant l’arrêta dans son début de plaidoirie.

  • Si je peux. Je suis le chef de cette famille. Evidemment, je vous laisserai de quoi vivre décemment. Mais votre rente sera clairement diminuée. Je ne payerais plus vos domestiques, ainsi que toutes les charges de votre hôtel particulier.
  • C’est un scandale ! Vous ne pouvez pas… S’opposa la Duchesse.
  • Je le peux et je le ferais, répondit Christopher impitoyable. Réfléchissez bien, mère. Où vous souscrivez à ce stratagème, pour le bonheur de votre fils. Ou je fais de votre vie un enfer.

Sébastian contempla la posture rigide de son Duc. La querelle prenait des proportions démesurées. Il n’arrivait pas à croire que son amant était capable d’en arriver à de telles extrémités. Il devait calmer les velléités de son amant. Prenant une inspiration, il commença d’une voix douce.

  • Votre Grâce, si je peux me permettre.

La duchesse leva les yeux vers lui

  • Votre grâce, Il est beaucoup trop tard, pour revenir en arrière. Le « problème de santé » du Duc est de notoriété publique. Ainsi que la déconfiture financière de votre beau-fils, en l’occurrence moi. Nous avons tout fait pour cela. Voulez-vous vraiment perdre l’amour de votre fils et de votre petit fils ? Ne souhaitez-vous pas que Christopher  soit heureux ? Certes, je comprends votre inquiétude, mais je vous assure que nous avons bien réfléchis à tous les paramètres. La discrétion sera de toute nécessité. Ainsi que la prudence.
  • Et les domestiques ? Demanda la Duchesse, d’un ton fataliste.

Les deux hommes sourirent largement.

  • Fritz !
  • Votre Grace ?
  • Vous étiez derrière la porte ? Interrogea Sébastian, étonné de la prompte réponse.
  • Vos vociférations étaient quelque peu bruyantes, répondit le domestique flegmatique.
  • Fritz, ici présent, se porte garant de la domesticité de la maison. Annonça un Christopher triomphant.
  • Certes, votre Grace. Je suis à votre service, ainsi que que toute la maisonnée. Comme du temps de feu le Duc, souligna-t-il.

La duchesse ne releva pas. Toutes les personnes présentes dans la pièce avait parfaitement compris ce que sous entendait le vieux maitre d’hôtel.

  • Bien, s’exclama Christopher. Alors, Madame ?

Les épaules de la duchesse s’affaissèrent. Elle comprit qu’elle n’avait dorénavant aucune alternative. Elle devait plier devant l’invraisemblable sous peine de perdre son fils et de facto, son train de vie.

  • Il semblerait que je n’ai aucunement le choix, siffla-t-elle. Mais vous réaliserez vite votre grossière erreur, Lloyd, quand le scandale nous éclaboussera.
  • Il n’y aura pas de scandale, si mère sait se tenir et reste discrète, riposta Christopher.

Le jeune veuf posa une main sur l’épaule de son amant, l’incitant à se calmer.

  • Nous allons être très vigilant, promit Sébastian. Je vous le jure. Nous connaissons parfaitement les risques qu’implique ce choix de vie. Nous prendrons toutes les précautions qu’il faut.
  • Et Adrien ? Comment envisagez-vous de lui expliquer ? Répliqua-t-elle, dans une dernière tentative de sabordement.
  • Il est encore jeune. Quand le temps viendra, on lui expliquera. Il comprendra.
  • Oh vraiment ?
  • Oui, assena Christopher virulent. On lui apprendra que l’amour fait fi de la race, du sexe, de castes…

Réduite au silence, la vieille dame examina un long moment les trois hommes qui lui faisait face. La guerre, si guerre il y avait, était perdue.  Elle savait maintenant qu’elle devrait composer avec le choix de son fils. Son inquiétude sera toujours présente, quoique les deux hommes en disent. Mais puisque Christopher reste inébranlable, malgré ses arguments, elle comprit que la seule consolation qui lui resterait, était de soutenir son seul enfant, quoi qu’il lui en coute. Le bonheur de ce dernier était à ce prix. Et bien qu’elle n’adhérait aucunement à cette nouvelle vie, elle fera tout son possible pour que cette « relation » reste dissimulée. Autant faire barrière à tout potentiel déshonneur familial, à défaut.

  • Très bien, Lloyd ! Vous avez gagné. Votre honteux secret restera dans les limbes de ma mémoire.
  • Vraiment mère ?

La vieille dame se rapprocha et posa sa main sur la joue de son fils.

  • Ais je le choix ? demanda-t-elle doucement. Visiblement non ! Alors, autant vivre avec.  Et faire en sorte que votre secret ne soit jamais divulgué. Car,  si cela venait à se savoir, nous perdrions tout ! Et je refuse cela.
  • Vous acceptez ?
  • Votre liaison ? Non. Je ne l’accepterais jamais ! Je n’arrive même pas à le concevoir. Cependant, votre intransigeance et votre volonté de vivre avec cet homme (désignant Sébastian) sera sans nul doute, mon épée de Damoclès et mon fardeau.
  • Merci Votre Grâce, déclara Sébastian. Merci ! Je sais que…
  • Non, Stanhope ! Vous ne savez pas…Et vous ne saurez jamais. Bien, maintenant que cet épineux malentendu est réglé, où est mon petit-fils ?

 

Chapitre 26 Bad End

Chapitre 26 Bad End

Sébastian contempla la façade du château qui resplendissait sous le soleil. Les tourelles qui se dressaient fièrement. Grimaçant légèrement, il se remémorera sa dernière visite, Christopher qui l’avait acculé dans le fameux appartement. Ses premiers émois face à cet homme. Qui aurait pu penser que quelques mois plus tard, ce dernier deviendrait un pilier de son existence ?

Un jappement joyeux, suivi d’un hurlement de bonheur le ramena sur terre. Il sourit, un sourire éteint,  quand il vit Wolf faire tomber son petit maitre sur l’herbe et lécher son visage, sous les rires d’Adrien qui le câlinait sans modération, tellement heureux de retrouver son chien.

Quand il leva les yeux vers la porte, il vit le Duc De Fiennes, immobile, contemplant son filleul et neveu, d’un air ému. Les regards émeraude et bleu se croisèrent un bref instant. Puis le duc, baissa les yeux, dissimulant ses émotions, et  descendit nonchalamment les marches pour les accueillir.

  • Bonjour Adrien ! Salua le Duc. Stanhope, lui jetant un regard entendu.
  • Bonjour Oncle Christopher ! Je suis content d’être ici, avec Wolf.
  • Moi aussi, je suis content que tu sois là, mon grand. Tu connais le chemin. Fritz t’attend. Et je sais de source sure que la cuisinière t’a préparé une surprise.
  • Des viennoiseriens ? S’écria le jeune garçon, excité.
  • Viennoiseries, reprit Sébastian.
  • Tu verras, rétorqua Christopher. Allez, va ! Ta chambre est prête. Et après t’être débarbouillé un peu, Fritz te conduira à la cuisine pour prendre ton goûter.

Adrien partit en trombe, Wolf sur ses talons, ne laissant pas le temps à Christopher ou Sébastian de pouvoir émettre un ordre. Les deux hommes le regardèrent, un large sourire sur leur visage.

  • Sacré chenapan, il va me manquer, commenta doucement Christopher.

Le large sourire sur le visage de Sébastian s’éteignit.

  • Oui, c’est vrai ! marmonna-t-il, ne souhaitant pas relever la fin de la phrase.

Le Duc, lui jeta un regard en biais. Mais, ne voulant pas en découdre avec son amant dès son arrivée, il avisa, sur un ton imperturbable.

  • Tes bagages sont dans la chambre bleue. À côté de la mienne.

Sébastian lui jeta un regard en biais.

  • À côté de tes appartements, hein ?
  • Répondit le Duc. Et pas de polémiques, s’il te plait !

Christopher savait que la présence de son amant ici, n’était pas forcement acquise. Il devrait être prudent aussi bien dans ses paroles, que dans ses actes. Une erreur, et Sébastian repartirait. Mais, il ne s’avouait pas vaincu, et ce combat, était celui de la dernière chance. De vivre pleinement heureux. Avec son amant. Il devait tout faire, exploiter toutes ces faiblesses, pour lui faire entendre raison. Le convertir à son idée. Une semaine. Une petite et ridicule semaine. Qui déterminera son avenir.

Sébastian s’esclaffa, devant cette directive,  parée d’arrogance ducale, sa réponse fut une révérence,  toute en moquerie. Christopher leva les yeux au ciel devant cette effronterie goguenarde.

  • Tu me guides !
  • Avec plaisir, répondit Christopher.

Les deux hommes suivirent Adrien, plus posément, et entrèrent dans le château. Ils se dirigèrent vers la chambre, sous les yeux des domestiques impassibles.

  • La Duchesse est ici ?
  • Elle est en visite chez des amis. Ce qui nous laisse la liberté dont nous avons besoin pour cette semaine.
  • Les domestiques ?
  • Tu sais déjà ce qu’il en est.

Arrivant devant la porte, Christopher s’effaça pour permettre à Sébastian d’entrer.

Ce dernier y pénétra et contempla la pièce. Cette dernière comportait un haut plafond, des tapis d’Aubusson posés ici et là, recouvraient le plancher, des tapisseries représentant des scènes bucoliques ornaient les murs. Une cheminée faisait face à l’immense lit. La courtepointe d’un bleu éclatant était assortie aux rideaux. C’était une vaste pièce dotée d’un salon privé, très lumineuse. Ses fenêtres donnant sur l’immense jardin qui entourait le château permettaient de  bénéficier du soleil de l’après-midi. Un coffre bas en bois sculpté était posé non loin du lit. Un grand portant à vêtements et une chaise  et une petite table complétaient l’ameublement de la chambre.

  • Je te laisse te reposer de ce voyage. Et te rafraichir.
  • Je t’attends dans mon bureau, j’ai quelques affaires à gérer. Je ne veux pas être dérangé cette semaine. Et pouvoir vous consacrer, à ton fils et toi, tout mon temps.
  • D’accord, répondit-il dans un murmure.

Sur ces dernières paroles, Christopher ferma la porte, non sans avoir lancé à son amant un regard lourd de désir. Quand il fut parti, Sébastian s’affala sur le lit.

Maintenant qu’il était là, questions et doutes revenaient en force. Était-ce- véritablement une bonne idée de s’octroyer ces derniers instants avec son amant ?  N’aurait-il pas dû couper les ponts de manière plus ferme et définitive ?  Cette parenthèse enchantée n’était-elle pas plutôt une genèse à plus de souffrance ? Toutes ces hypothèses et interrogations le laminèrent encore plus profondément.

Quelle horrible condition que l’indécision. À subodorer, plussoyer, penser, présumer…Il n’arrivait plus à véritablement réfléchir sur ce qu’il était, devenait. Ce que dessinait son avenir ? Car nonobstant cette semaine, qu’allait-il devenir ? Comment allait-il réussir à abandonner celui qu’il aimait ? Évidemment, la logique et les faits l’amenaient à une triste réalité. Il n’aimait pas  cette vulnérabilité.

Resterait-il cet homme, miné par la souffrance, d’avoir perdu son bien-aimé ? Allait-il réussir à continuer à vivre ? Deviendrait-il juste un survivant ? Avec une vie, vide de sens ? Abattement, découragement, morosité, mélancolie, chagrin… ces humeurs qui le qualifiaient actuellement, et à son grand dam, probablement a posteriori. Cette brulure qu’il ressentait en lui, allait-elle un jour disparaitre ? Il aimait, comme il n’avait jamais aimé. Une pointe de culpabilité le fit tressaillir, songeant à sa défunte épouse. Tout ce maelstrom d’émotions si simple à comprendre, mais tellement plus compliqué à admettre et à résoudre. Et qu’il devra occulter toute cette semaine.

Installé dans son bureau, Christopher patientait. Ce qui le concernant était une véritable gageure. Il avait la fâcheuse impression que, depuis ses retrouvailles avec Sébastian, cette aptitude qui lui était alors inconnue, devenait son leitmotiv et façonnait son existence entière. Avec la déconvenue et la déstabilisation.

La vision d’un Sébastian hésitant et embarrassé ne quittait pas son esprit. Il était vrai qu’il avait tout de même réussi à gagner la première manche de ce grand échiquier de la vie, et cela lui apportait un certain réconfort. Mais, il savait tout aussi pertinemment qu’un retournement de situation était tout aussi envisageable, et inopportunément patent.

Son amant lui avait fait vivre des instants ces derniers temps extrêmement difficiles. Soufflant le chaud et le froid. Le mettant dans un état indescriptible d’atermoiement, l’emplissant d’émotions contradictoires navrantes. Ce qu’il supportait assez laborieusement. Il se souvint de cet incident avec le jeune Fritzgerald qu’il avait failli défigurer lors de son entrainement de boxe, de ses  éclats colériques à peine contenus. Oui, Sébastian avait tendance avoir un impact assez insensé sur sa noble personne.

Et cela devait cesser. C’était intolérable de continuer à vivre ainsi, oscillant entre exaspération et bonheur. Et comme il était hors de question qu’il souffre, il allait s’atteler à se rendre heureux.

En fin tacticien qu’il était, il savait qu’Adrien était sa meilleure arme. L’enfant avait pris ses repères et s’était confortablement implémenté dans sa nouvelle existence. Une pointe de culpabilité le saisit, mais il passa outre mesure cette émotion néfaste à ses doux projets. « À la guerre, comme à la guerre », cette expression correspondait parfaitement à son état d’esprit actuel. Tous les moyens devaient être usités pour faire revenir Sébastian sur sa décision.

Oui, il allait ensevelir son amant sous un tel déluge de désir, d’amour et de bonheur que celui-ci ne pourrait plus concevoir sa vie sans lui. Il fera en sorte que ce dernier, pris dans cette toile amoureuse, ne puisse en aucun cas se défaire de ce tendre piège.

Une semaine. Une toute petite semaine. Pour changer son destin.

Chapitre 25 Happy End

Chapitre 25 – HE

 

Salle de réception de la Marquise de Chester, une semaine plus tard,

 

Elle entendait comme  un bruissement de paroles. Forte de sa position, elle avança doucement dans la salle de réception. A son arrivée, les invités se turent et tournèrent leur regard vers elle. Ce qu’elle y lut, la laissa un brin hésitant. Comme une lueur de grande compassion ou de triomphe dans certains yeux. Pour elle.

Plus elle marchait vers les invités, plus le silence devenait assourdissant. Un frisson d’inquiétude traversa son corps. Elle n’aimait pas ce calme, de celui qui précède une tempête. Cette manière qu’avait l’assemblée d’éviter de croiser son chemin et son regard, dès qu’elle était devant eux.

Il se passait quelque chose de grave. Et visiblement, cela la concernait.

Son inquiétude perplexe augmenta, quand elle vit son hôtesse,  la marquise de Chester s’avancer vers elle, une étincelle d’apitoiement un brin triomphant se lisant sur son visage.

  • Très chère, je suis heureuse de vous voir ici, annonça la Marquise.
  • Vraiment ? Il me semblait que vous m’aviez invité ? Répliqua la Duchesse de De Fiennes, un peu confuse.
  • Certes, très chère. Mais avec ce qui est arrivé…Je ne m’attendais pas à…
  • Qu’est-il arrivé ? Coupa la Duchesse, faisant fi de toutes politesses.

La Marquise de Chester, haussa délicatement un sourcil, étonnée.

  • Oh ! Vous n’êtes pas informée ? Je pensais que…
  • Pensiez quoi ?
  • Votre fils. Le Duc. Et votre beau-fils !
  • Mon fils ? S’alarma la Duchesse. Que lui est-il arrivé ?
  • Oh très chère, je suis navrée d’être la porteuse de ces terribles nouvelles. Répondit la Marquise.
  • Quelles nouvelles ?
  • Un incident, avec le duc, reprit la marquise, baissant légèrement la voix. Et votre beau-fils est…
  • Les aventures de Stanhope m’indiffèrent, dans une certaine mesure. Reprenez, je vous prie. Qu’est-il arrivé à mon fils ?
  • Il y a eu un accident.
  • Un accident ? Je n’étais pas à Londres ces derniers jours.

Se remémorant la dernière visite à Lloyd, elle avait voulu prendre un peu de distance, espérant que son fils avait repris ses esprits, lui laissant le temps de méditer sur son idée complètement insensée, de vouloir mettre en péril son héritage pour un amour délétère.

  • je n’ai pu voir mon fils. Un accident ? Répéta-t-elle.
  • A cause de son cheval. Du moins, c’est ce qu’on l’on dit.
  • Une chute ?
  • Pas exactement.
  • Alors, soyez plus précise.
  • C’est assez délicat.

La marquise se rapprocha de la Duchesse. Et murmura

  • Il semblerait que le cheval ait causé quelques dommages…irrémédiables, à votre fils.
  • Je vous demande pardon ? S’exclama la Duchesse. Des dommages irrémédiables ?
  • Vous comprenez qu’il m’est difficile de vous expliquer ici. Venez ! Allons dans le petit salon.

La Marquise précéda la duchesse sous les yeux de l’assemblée silencieuse. Dès que la porte se fut refermée, le bruissement des paroles reprit de plus belle.

Elles entrèrent dans le petit salon, et la porte si tôt fermée,  l’hôtesse se retourna vers son invitée.

  • Votre fils a été piétiné par son cheval.
  • Que dites-vous ? Mais Lloyd est un cavalier émérite. Comment cela se peut ?
  • Le cheval s’est emballé. Le Duc a fait une chute.
  • Il est tombé. Il va s’en remettre. Mon fils est fort.
  • Bien évidemment ! Mais….
  • Mais quoi ?
  • Apparemment, la chute n’est pas le plus grave. Dans son emballement, l’étalon aurait piétiné…vous comprenez, dit la Marquise gênée.
  • Soyez plus claire ! S’exclama la Duchesse.
  • Je ne peux décemment vous expliquer. Cela est très inconvenant, comprenez-vous.

La duchesse dut faire un effort surhumain pour ne pas attraper son hôtesse et la secouer. Son inquiétude grandissait.

  • Nous sommes entre des gens de confiance, très chère, réussit-elle à dire.

Son hôtesse eu un petit rire gêné. Mais devant la résolution inscrite sur le visage de son invitée, elle avoua d’une voix à peine audible

  • Le cheval aurait estropié une partie…. Assez importante de son anatomie.

Extrêmement embarrassée, suite à cette fracassante annonce,  la marquise baissa les yeux.

  • Une partie…de son anatomie ? Feula la Duchesse.

Au son de cette voix hargneuse, la marquise releva vivement la tête et vit distinctement la rage s’inscrire sur le visage si habituellement impassible de la Duchesse douairière De Fiennes.

  • Ce n’est pas possible ! Glapit la Duchesse. Il n’a pas fait cela !

La marquise fixa son invitée, très d’indignée par son attitude. Elle n’aurait jamais pensé que la Duchesse serait si furieuse. Accablée, lui paraitrait tout de même plus cohérent que cet énervement.

  • Mais c’est un malheureux accident, répliqua-t-elle. Vous ne pouvez tout de même pas lui en tenir rigueur ?
  • Lui en tenir rigueur ? Le malotru !

La marquise, perplexe,  contempla la Duchesse, en prise à une incroyable colère. Devant cette flagrante manifestation de courroux, la marquise ne sut quelle attitude adoptée.

La Duchesse comprit qu’elle devait reprendre son calme. Prenant sur elle, réussit à redonner une expression impassible à son visage.

  • Désolée, très chère. Votre nouvelle me consterne, affirma-t-elle, platement. Et mon beau-fils ? Etait-il présent ?
  • Mais, comme dit l’expression, un malheur n’arrive jamais seul.

L’inquiétude gagna la Duchesse. Qu’avait fait son fils ?

  • C’est-à-dire ?
  • Il est ruiné.
  • Ruiné ?
  • Il semblerait qu’il ait réalisé de très mauvaises opérations qui lui ont couté toute sa fortune. Il est (se rapprochant de la duchesse) devenu pauvre. Dit-elle, comme si elle avouait la pire des turpitudes. Et ne peut plus se présenter chez aucune famille respectable. C’est la banqueroute.
  • Comme c’est pratique, ironisa la Duchesse.

La marquise la fixa, interloquée

  • Pratique ? C’est juste un malheureux revers de la vie, qui a un impact fatal pour lui, je le reconnais. Il a tout perdu. La confiance des banquiers et…la nôtre. L’indigence…Quelle horreur ! (continua-t-elle, en frémissant de dégout). Mais, il me semble que vous ne lui vouez  pas un amour tellement profond. Aussi,  cela doit  vous importez peu.
  • Oh que si, marmonna la duchesse. Perdue dans ses pensées.
  • Plait-il ?
  • Merci très chère, mais vous comprenez que je dois vous quitter sur le champ et aller voir mon fils.
  • Je vous excuserais auprès des invités. Je suis vraiment peinée de vous apporter de si tristes nouvelles. Quand vous verrez votre fils, présentez-lui mes vœux de bon rétablissement, je vous prie.

Mais la duchesse s’éloignait déjà. La marquise crut entendre « si je ne le tue pas, au préalable », avant que la porte du petit salon ne se ferme.

chapitre 5

Coucou les gens connus et inconnus

 

Voici le chapitre 5 des aventures de V et Butch

 

Bonne lecture

 

En rentrant au manoir, Vishous se demandait comment il allait pouvoir amener l’équation Butch à Warth, bien que depuis son union avec Beth, ancienne semi-humaine, le Roi avait révisé ses opinions à leur sujet. Tout en pianotant sur ses joujoux, V réfléchissait, ressentir des émotions ne faisait pas parti de son unité centrale. Mais Butch, était rentré dans sa vie comme un ouragan, sans prévenir, en emportant tout sur son passage. Avec sa gouaille, son humour tordu, ses regards tendres et pleins de désir, et ce visage où toutes ses émotions se reflétaient. V ne pouvait pas, ne voulait pas renoncer à lui, sa vie n’était que vide, il pensait son corps froid à toute émotion, ses Frères pensaient qu’il ne ressentait rien, ils ne savaient pas que Vishous avec son QI, ses joujoux, les protégeait contre toutes intrusions, qu’il était prêt à mourir pour eux, doggens compris. Sa vie à ce jour n’avait pour lui aucune valeur, siècle après siècle il avait avancé sans regarder en arrière, il n’était qu’un tueur de sang-froid, une anomalie, avec ses tatouages, sa main « bionique », les vampires le craignait et les humains qui le croisait changeait de direction sans demander leur reste, chacun sentait qu’il ne fallait pas l’approcher, et cela n’avait jamais dérangé V, jusqu’à sa rencontre avec son flic. Butch n’avait pas de notion d’espace personnel, il n’avait pas peur de lui, le regardait dans les yeux, de ses prunelles noisettes qui  reflétaient le même fatalisme comme un miroir. Il fonçait tête baissé, quitte à se prendre une balle, il avait tout du chevalier sans peur, et V aimait ça, qu’il n’est pas peur de lui, qu’il le provoque, qu’il le désire sans savoir qu’il était un Leaghe, un maître du BDSM, et que les seules personnes qui le côtoyait étaient ses soumis, hommes ou femmes, cela n’avait aucune importance, vu qu’il ne les connaissaient pas, ils n’étaient que des numéros dans son répertoire téléphonique, le sexe pour lui était un moyen de diminuer la pression, quasi médicale, ses soumis étaient anonymes, cagoulés. Et le seul mot qu’il voulait entendre de leur bouche était « oui mon Leaghe ». Il savait que Butch n’était pas de ce monde, le flic était un hétéro qui devait faire l’amour simplement, bien qu’avec intensité et passion, et V était étonné mais fier de susciter son désir , le problème était qu’il allait devoir dire au flic qu’il était un Leaghe, bien qu’il ne voulait pas de ça avec Butch, il voulait l’embrasser, le toucher, il se voyait agenouiller devant lui l’amenant au plaisir avec délectation, il voulait tout lui donner, son cœur, son corps, son âme, et il voulait tout prendre du flic, il voulait son cœur, son corps et son âme, ce qu’il n’avait jamais demandé à personne.

  • Eh, ya quelqu’un, ou tout le monde est mords dans cette baraque, V sursauta en entendant Warth hurler à l’interphone. Je veux tous vous voir dans mon bureau dans 5 minutes.
  • J’arrive ta majesté, juste une dernière chose à vérifier, répondit V. Il regarda une dernière fois le visage du flic sur son écran, sourit et vida son verre de Goose.

Dans le bureau la tension était au maximum, tous les Frères étaient là, le Roi avait l’air encore plus énervé que d’habitude. Z appuyé contre le mur à côté de la porte, son jumeau Phury près de lui, Rhage avec son éternelle sucette Toutsi à la bouche debout près de Thor et V roulant sa cigarette de tabac de Turc assis sur un canapé qui grinçait dès qu’il bougeait un peu.

  • Bon les gars, j’ai reçu un appel de Revhenge, ces putains de Lessers se sont multipliés comme des cafards, maintenant ils trainent autour du Zéro Sum, les caméras les ont filmés en train de tabasser et enlever un humain.
  • Depuis quand les Lessers s’en prennent aux humains, et de toute façon ce n’est pas notre problème, formula Rhage en sortant sa sucette de sa bouche
  • Putain Rhage, bien sûr que c’est notre problème, il ne doit y avoir aucune interaction entre les humains et les vampires, ce qui me turlupine c’est pourquoi aujourd’hui et pourquoi cet humain, déclara Thor
  • Ouais, Phury mets la vidéo en route, qu’on regarde ce qui s’est passé

V comme les autres, regarda la vidéo sans être plus concerné que ça. Ce qui l’emmerdait c’est que maintenant ils allaient devoir mettre en place une surveillance plus intensive des Lessers s’ils s’en prenaient aux humains. D’abord l’image resta floue, puis elle se fixa et V se redressa en regardant plus attentivement, puis sans y penser, se colla pratiquement à l’écran en reconnaissant Butch. Son corps se crispa de rage, et commença à briller sans qu’il s’en rende compte, sa fragrance de mâle dédié sorti de son corps sous le regard effaré de son Roi et ses frères.

  • V c’est quoi ce bordel… ? Tu le connais cet humain, c’est qui ? demanda Warth
  • Mais c’est le mec que j’ai vu avec toi derrière le Zero Sum, tu m’as dit que c’était personne, insista Rhage.

V était dans l’impossibilité de répondre, tout son être était focalisé sur l’image figé du visage stupéfait du flic, une terreur irrationnelle secouait tout son corps, son cerveau était vide, c’était comme même ironique, lui le génie n’arrivait plus à réfléchir, tout ce dont à quoi il pensait c’était de foncer, chercher et récupérer son flic. Il souffrait de savoir Butch aux mains des Lessers. Warth attendait toujours une réponse qui ne venait pas, il retira ses lunettes et se frotta l’arête du nez, le plus létal de ses guerriers s’était dédié à un humain, il voulait des explications.

  • Butch m’a sauvé la vie quand la ferme a explosé, c’est lui qui m’a ramassé sur la route et mis à l’abri du soleil. Il est flic à la criminelle de Caldwell. Warth on doit le trouver, ne serait-ce que pour m’avoir sauvé. Et….. il est important pour moi, ta Majesté, je dois tout mettre en œuvre pour le secourir, j’ai une dette envers lui.

Warth hésitait, leur devoir premier était de sauvegarder la race vampire mais le bonheur d’un de ses frères était en jeu, V avait souffert toute sa vie, il avait droit au bonheur et il savait que ses guerriers feraient tout pour l’aider.

  • Ta majesté, notre Frère a besoin de nous, on doit aller sauver son humain, V serait le premier à vouloir…… Zadist avait les yeux hantés, chaque Frère savait qu’il pensait à l’enlèvement de sa shellane Bella par un psychopathe de Lesser. Un courant froid passa dans tout le bureau émanant du corps de Z.
  • Calme toi Z, il va de soi que nous allons sauver l’humain de V, les Ombres sont en planque, ils surveillent l’endroit où est l’humain, il y a une douzaine de Lessers, déclara Warth

Le téléphone sonna à ce moment, Warth décrocha.

  • Ouais……Quoi….. Putain de bordel de merde !!!!!! Warth raccrocha, le socle du téléphone se fissura sous la violence du choc.
  • Quoi, qu’est-ce qu’il se passe….. ?

La question vint de Phury, ses yeux jaunes passant alternativement sur chaque frère.

  • L’Omega est sur place, ce fils de pute est venu en personne, c’est qui cet humain V ? Qu’est-ce que lui veut l’Omega ?
  • C’est juste un humain, comme je vous l’ai dit il est flic à la Crim’, le seul lien qu’il peut avoir avec l’Omega c’est …..Moi. Putain ce bâtard d’Omega…..
  • Quoi V, continu….

V arrivait enfin à réfléchir, il devait reprendre son sang-froid pour sauver Butch

  • Les lessers ont dû me surveiller et voir que je parlais avec Butch, ils doivent vouloir le torturer pour avoir des infos sur nous, infos que Butch n’a pas, vu que je ne lui ai dit sur nous.

Le corps de V pulsait, sa lumière s’intensifiait de plus en plus, savoir Butch aux mains de l’Omega le terrorisait, jamais il n’avait eu si peur, ni pour lui, ni pour personne, il avait fallu que ce flic déboule dans sa vie pour connaitre la frayeur irrationnelle que l’on ressentait quand on pensait perdre la personne qui comptait le plus pour lui. Quoi… ? Qui comptait le plus au monde, oui il devait s’y faire, ce flic, cet humain devait faire partit de sa vie, le pourquoi et le comment n’avait pas d’importance. Il n’arrivait pas à mettre en place un plan dans sa tête, il ne voyait que des images de Butch torturé, ensanglanté, hurlant à la mort, il devait agir et vite ou rien ni personne ne pourrait l’arrêter, il n’aurait plus rien à perdre, il ferait sauter Caldwell et ses alentours. Le téléphone résonna, faisant sursauter tous les Frères sauf V qui était complètement perdu dans ses pensées.

  • Ouais quoi ?….. Hum ouais ok, merci les gars, ouais ils vont vous rejoindre dans un instant, aboya Warth avant de raccrocher violemment, scellant définitivement le cas téléphone, qui explosa en plusieurs morceaux.
  • On y va, ta Majesté, allez on y va, demanda Rhage, ses yeux clignaient devenant blanc, son dragon ne demandant qu’à sortir
  • Oui les gars allez-y, étripez-les tous et ramener le compagnon de V, déclara Warth

Tous les Frères sortirent, V resta un peu arrière

  • Ta Majesté, on le ramène et ……

Tout ce que voulait V s’était se rendre sur place immédiatement mais il devait connaître l’avis de son Roi, pour savoir où soigner Butch

  • Ramène le au manoir V, Manny et Ehlena ferons tout pour le sauver, si il n’est……et….
  • Et…….
  • Si tu veux qu’il reste, pour moi c’est ok ainsi que pour tes Frères, d’ailleurs personne n’a rien à dire, il ne reste plus qu’a le persuader.

V sortit à son tour, s’arma et retrouva ses Frères sur le perron du manoir. Il se dématérialisa tout en lançant les clefs de son Escalade à Phury qui devait les rejoindre à la ferme.