PAUSE A DURÉE INDETERMINEE

Bonjour chers connus et inconnus

le blog et les écrits vont être mis en

 

Plusieurs raisons à cela :

la motivation n’est plus la même

le temps…Comme chacun d’entre nous, je n’ai pas forcement le temps de pouvoir écrire

les retours  : ben je n’en ai pas. A ce jour, je n’ai pas un seul avis (sauf les irréductibles lectrices du blog qui se comptent au nombre de 2, donc pas nombreuses) depuis que j’ai transmis gratuitement mes écrits à ceux qui l’ont demandé. Aussi, je ne sais absolument pas quels sont les axes sur lequel je dois m’améliorer. Il m’est assez difficile de me positionner et de connaitre mes lacunes (qui sont nombreuses, visiblement). Et cela a forcement impacté ma motivation.

Comme tout à chacun, je souhaiterais vivement être éditée, mais à ce jour je ne sais pas si mes gribouillages sont assez bons pour me lancer dans l’arène de l’édition, cette route semée d’embûches, où la concurrence est rude. Où la moindre coquille sur le manuscrit est critiquée (je le fais moi-même). Si un jour je me lance dans ce monde, je veux être sûre de moi et de mes écrits. Et pour le moment (au vu du nombre quasi nul d’avis), je n’ose et ne peux me le permettre.

Oui, je sais, ça fait vachement DIVA, je ne demande pas des commentaires dithyrambiques, mais juste des critiques constructives, des avis négatifs qui me permettront de m’améliorer ou de me dire, il faut que tu arrêtes, ton style est trop nul.

Cependant je tenais à dire merci aux lecteurs wattpad tout de même, qui me laissent un petit com et des critiques constructives.

 

Car actuellement, voici mon ressenti :

  • Est ce que ce que j’écris plait ? Je ne sais pas
  • Est ce que je fais des erreurs ? Je ne sais pas
  • En fais je beaucoup ? Je ne sais pas
  • Pleins d’autres questions….. dont la réponse est : Je ne sais pas…
  • Et la dernière : est ce que ça vaut le coup de continuer à écrire ? Je ne sais pas

Donc, pour le moment (que ce soit wattpad ou ici), Je ne sais pas si je vais garder le blog, Et surtout  si je vais continuer à donner GRATUITEMENT mes écrits à des personnes qui  me remercient du don et …….rien, silence radio après.  

J’ai l’impression que sous prétexte que c’est gratuit, les personnes s’en foutent royalement du ressenti de l’auteur. Et au vu du peu de retour, je me dis que mon style est tellement nul que ça ne vaut pas le coup de donner un avis (même un c’est de la merde) ou de lire.

J’espère sincèrement me tromper, mais voila mon constat.

Je me base ce ressenti sur :

  • AGAMUS
  • ECHEC ET MAT.

En attendant, je vous souhaite une bonne continuation. Le seul écrit  (qui est une VUTCH et qui n’est pas de moi) qui continuera (en fonction de l’auteur) sera « Rien sans toi »

 

Bise

 

 

 

 

 

 

 

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Chapitre 1

Bonjour, Bonjour chers tous

 

Une nouvelle histoire voit le jour sur ce blog

 

Le titre en est L’AUTRE, ce n’est pas encore definitif

Ce sera un POV

Je vous en souhaite une bonne lecture

******

Chapitre 1

 

Il s’en va. J’entends ses pas décroitre. Bordel, ce fut dur. Si difficile de le laisser partir. Mais, je suis fatigué de cette vie. Epuisé de me cacher. De se cacher. Il n’assume pas. Je veux qu’il sorte du placard.

Qui je suis ? Je suis l’autre. Le pan de vie caché de mon homme. Sa faiblesse. Son besoin désespéré. Son obsession.

Vous n’allez pas spécialement m’aimer. Je suis ce qu’on appelle communément la maitresse. Bien que je sois un vrai mec, avec tout ce qu’il faut, là où il faut.

Je suis Gay. J’assume pleinement mon orientation sexuelle. Pas lui !

Je peux comprendre. Mais je ne veux plus accepter. Cela me tue à petits feux. Comment en suis arrivé à dériver ? A vivre cette relation adultère ? Si vous avez du temps à me consacrer, je vais vous raconter.

Je me souviens, c’était un matin nuageux. On ne voyait presque rien à cinq mètres, tellement le brouillard était dense. Mon rêve, ce jour-là. Rentrer chez moi, me préparer un bon thé à la menthe, pour me réchauffer et me mettre sous ma couette. Et dormir. Le truc hyper banal !

J’arrivais sur le quai du train. Seuls les agents de nettoyages et les ouvriers, dormant quasi debout, trainaient ici et là, attendant que le train veuillent bien les amener à leur boulot. Les usagers du train, ceux qu’on voit tous les jours. Le petit hochement de tête habituel, réservé aux connaissances inconnues.

Je m’installai comme d’habitude à côté de la porte. Branché avec mes écouteurs, je somnolais au son de sherazade de Rimski-Korsakov, j’adorais le solo de violon. Il avait le don de me détendre.

J’avais les yeux fermés quand je sentis à côté de moi, une petite agitation. Mes paupières se soulevèrent. Un homme s’était installé face à moi. J’eus un imperceptible soupir d’exaspération. Putain, le wagon était long et presque vide. Pourquoi fallait-il que ce mec se place là ? C’était quoi cette manie que les gens ont d’envahir les espaces personnels, comme ça. Je lui jetais un regard noir, et il me sourit en réponse. Crétin !

Mais malheureusement pour moi, ce sourire illumina son visage que j’aurais qualifié de plutôt banal. Mon cœur fit une embardée. Je me composais un visage neutre. Et après un dernier regard, je me recroquevillais sur ma chaise et laissai tomber mes paupières, me replongeant dans la vie de la raconteuse de contes. Subreciptement, je baissais légèrement le volume. On ne sait jamais.

Cela aurait dû s’arrêter là. Tout le monde avait déjà vécu cette petite scène hyper banale, dans la vie de tout bon usager des trains.

  • Bonjour, me dit une voix douce.

Je levais une paupière. Il me fixait, ses iris verts plein d’attente.

  • Bonjour, répondis-je de ma voix la plus froide.
  • Vous allez bosser ?

Evidemment ! En plus d’occuper mon espace, Monsieur avait besoin de faire la parlotte. Là, je devins franchement désagréable.

  • Non, je me suis réveillé en me disant, tiens si j’allais prendre le train de bon matin, histoire de ! Feulais-je. D’autres questions ?

Il n’avait pas besoin de savoir que je rentrais chez moi, après ma nuit de travail.

Son visage se décomposa légèrement.

  • Euh non, mais vu qu’on va passer une heure ensemble, je voulais juste tuer le temps en discutant tranquillement.
  • J’ai pas envie de discuter, maugréais-je.
  • Ok ! Ok ! Dit-il, en levant les mains en signe de reddition.

Parfait, il allait me laisser tranquille, je repartis dans ma somnolence. Mais je sentais son regard fixé sur moi. Brulant. Ce qui me fit m’agiter sur mon siège. Je rouvris les yeux. Toujours cet état d’attente. Mais que me voulait-il à la fin ?

  • Quoi ? Demandais-je, un brin énervé.
  • Rien…Rien du tout !
  • Alors arrêter de me fixer comme ça. C’est agaçant !
  • Excusez-moi ! Je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise.
  • Et bien c’est le cas…M’exclamais je, la voix mauvaise.

Je vis ses prunelles vertes s’éteindre et bizarrement, ça me fit un coup au cœur. Je ne comprenais pas. Ce mec était un véritable inconnu pour moi. Et pourtant, son air de chien battu me retournait l’estomac. Allez savoir pourquoi. Je n’étais pas du genre à déblatérer avec des inconnus, je le faisais assez dans ma vie professionnelle, tellement, à en avoir la gorge sèche et la bouche déshydratée. Alors, je peux vous assurer que le mutisme était pour moi, un don de Dieu. Bizarre, vous direz ? Non, c’est juste que, quand notre boulot est de parler, négocier, échanger tous le temps, limite 24 heures sur 24, le silence devient un véritable havre de paix. Il y a des moments où, on n’a plus du tout envie de parler.

  • Désolé, tentais-je. J’ai eu une mauvaise soirée.
  • Non…non, c’est moi. Je ne devrais pas vous fixer. Mais…
  • Mais quoi ?
  • En fait, je ne sais pas. Je vous ai vu. Et c’est comme si quelque chose me poussait vers vous. C’est une sensation étrange.

Je le regardais plus attentivement. Mes yeux glissèrent de son visage à son corps. L’homme était plutôt bien fait de sa personne. Pas trop musclé, un petit ventre proéminant, débordant légèrement. Il portait un costume noir classique qui l’amincissait, avec une chemise dans les mêmes tons et une cravate irisé. Plutôt bien habillé, je dirais même classe. Ses cheveux noirs étaient coupés à la brosse, dégageant son visage. Il avait le type du banquier, trader, du mec à pognon. Le genre que j’aime. Quand mes yeux descendirent plus bas, je restais un moment scotché. Je devais halluciner, le mec bandait. La protubérance était telle que je ne pouvais pas la manquer. A la place de sensation étrange, j’aurais plutôt dis basique. Quand je revins vers son visage, il rougit. Une jolie tomate mure. J’esquissais un sourire. Faut pas se mentir, c’est toujours agréable de savoir qu’on plait. Et je ne suis pas hypocrite au point de détourner les yeux et de faire l’offusqué.

Ca faisait un bail que je n’avais pas été dragué dans un train. Depuis ma folle jeunesse, à dire vrai.

  • Il me semble que vous avez un léger problème, soufflais-je, mon regard irresistiblement attiré vers le bas.

Sa posture se modifia imperceptiblement. Il ouvrit les jambes légèrement, me laissant découvrir la pleine mesure de l’effet que je lui faisais. Comme si ma remarque le mettait en confiance.

  • Effectivement, opina-t-il. Mais, je ne sais pas comment le résoudre, se léchant les lèvres.

Ce geste me fit monter la tension dans mon propre entrejambe. Quand il vit l’impact de ces mots, il eut un sourire. Lascif. Ce qui augmenta le volume de mon sexe. Seigneur…Ce mec me faisait de l’effet. J’avais arrêté en même temps que ma folle jeunesse, les plans culs, mais là, je m’avouais que j’étais tenté ! Même un peu trop tenté par lui. Peut-être par provocation ou par un surplus de confiance, il colla sa jambe à la mienne, me faisant du pied.

  • Ça vous dit de faire plus ample connaissance ? Me demanda-t-il.

Je restais un long moment muet. Pesant le pour et le contre. Je n’avais pas eu de relation sexuelle depuis plus d’un mois. Non, pas que j’étais en manque, pour le moment mon poignet faisait l’affaire, mais un quelque chose dans son regard, me dit que je pouvais passer un sacré moment. Et puis, j’avais envie de lui. C’était évident au vu de la dureté de ma queue.

Un petit coup, vite fait, sans chichi, sans sentiments, juste pour le plaisir. Pourquoi pas ?

  • Oui, ça me dit de faire plus ample connaissance. Mais à une condition. On ne donne pas de noms, pas d’adresse…Rien !
  • Ça me convient, me souffla-t-il. Juste deux hommes qui ont envie de plaisir. De se faire plaisir.

Voilà comment ma vie devint un enfer !!!

 

 

 

 

chapitre 27 et fin BAD END

Voila chers amis connus et inconnus

C’est vraiment la fin d’Echec et Mat

J’espère que mon histoire vous a plus, n’hésitez pas à me donner vos impressions et critiques.

Bien entendu, le temps de retravailler et de faire les dernières corrections, et vous pourrez le demander, si vous souhaitez lire cette histoire avec une fin triste.

En attendant bonne lecture.

 

Chapitre 27 BAD END

Le temps, ce mouvement ininterrompu par lequel le présent devient le passé. Le temps, cette notion fondamentale conçue comme un milieu infini dans lequel se succèdent les événements. Que Christopher en était venu à haïr. Violemment, ardemment.

Le temps qui pouvait s’égrener si doucement ou filer à une allure fulgurante. Impossible à combattre. Lui volant petit à petit, doucement, sans bruit, sans blessure un pan de bonheur, jusqu’à l’achèvement.

Il avait exécré le temps.

Il avait vu filer les minutes, les secondes, les heures. La nuit remplaçant le jour, indéfiniment.

Il aurait donné n’importe quoi pour arrêter le temps.

Assis dans son bureau, les rideaux fermés,  il avait demandé à sa domesticité de ne pas le déranger. Il devait être très tard ou très tôt. Il ne savait pas. Entièrement coupé de monde. Il buvait et  les entendait, parcourant le château ici et là,  tentant de n’émettre aucun bruit,  furtifs et silencieux. Acceptant, en  toute discrétion que leur maitre panse ses blessures. Voulant lui offrir le réconfort du recueillement.  De vivre sa perte, cette séparation comme il le souhaitait. Il ne voulait pas savoir ce qu’ils pensaient. Il voulait vivre avec cette douleur.

Et il en avait besoin. Il avait besoin de  la vivre dans la solitude.

Il avait besoin de…

Il ne savait pas de quoi il avait besoin.

Il avait envie de pleurer. Il sentait le picotement des larmes qui voulaient se déverser. Ses yeux brulaient.  Il n’avait plus pleuré depuis son enfance. Son père y avait veillé.

Cet état larmoyant n’était pas lui.

Mais, il n’avait pas envie d’être ce duc arrogant et froid, que tout le monde connaissait. Il avait mal. Pour la première fois de son existence, il souffrait véritablement. De la perte d’un être cher. Oscillant entre rage et désespoir. Réalisant vraiment qu’il allait rester seul pour le reste de sa vie.

Il était parti. Ils étaient partis. Plus de rires à gorge déployée, émis par un ange juvénile. Plus de baisers volés, furtivement,  au détour d’une galerie, plus de nuits débridées, plus de parties d’échecs.

Plus rien.

Il avait tenté de le soudoyer, il l’avait aguiché de maintes et maintes manières. Combattant logique et raison, son désir et son amour étant des ombres sans substance face à l’implacable.  Sans résultats probants, perdant sa dignité, son arrogance devant la rigidité féroce de son amant. Menaces et cajoleries n’avait été d’aucun secours. Son amant était resté inflexible. L’amenant à des confins de bonheur, et le laissait là, seul. Il avait lu dans ce regard lapis lazuli, cette lueur insaisissable,  comprenant peu à peu  que son amant lui échappait immanquablement.  Décidé à le laisser avec ses souvenirs pour seule compagnie. Paradoxalement, il était fier que son amant soit resté sur ses positions,  l’obligeant à assumer les conséquences de cette décision.

Il était parti. Prenant avec lui, les restes d’un cœur brisé. Abandonné.

Il se faisait l’effet d’une coquille vide de tout sentiment.

Un pantin articulé. Sans émotions. Inutile.

Horrible réalité. Vacuité de son existence.

Cette dernière nuit. La plus magnifiquement effroyable de toutes. L’ultime.

Son besoin de se gorger de son amant avait été si forcené. Si fiévreux.

Leurs corps en sueur, leurs baisers au gout de désespoir.

Sentir encore une fois ces lèvres le parcourant, ce membre massif le pilonnant, le revendiquant. Le possédant.

Ils avaient fait l’amour, sachant que ce serait la dernière fois.

Sans un mot, leur corps et leur cœur parlant pour eux. Les paroles étaient inutiles. Ils savaient.

Crachant leur amour, sans bruits, avec maints halètements et gémissements.

Ils s’étaient aimés, sachant que plus jamais, pour aucun des deux, ils ressentiraient cela. Se consumant ensemble, tremblant sous leurs caresses respectives, s’offrant.

Et maintenant devait-il oublier ? Oublier l’absolue beauté de ce qu’ils avaient partagé ! Oublier le plaisir de tenir ce corps tant aimé dans ses bras.

Peut-être que si il fermait les yeux ?

Il sentirait encore Sébastian l’embrasser sur tout le corps. Lécher sa poitrine. Sentir encore au plus profond de lui, ce membre qui l’avait pilonné, qui l’avait amené jusqu’à l’orgasme. Entendre encore ce petit bruit de gorge qui le rendait fou de désir. Ressentir le frôlement de cette main qui remontait doucement vers son sexe, le faisant trembler et pousser de sourds gémissements. Sentir ce plaisir qui montait en lui. Sentir ses poumons bruler par la vision des lèvres penchées sur son sexe tandis que Sébastian allait et venait sur sa virilité.

Il sentirait encore son sexe comprimé dans cette cavité chaude, tandis qu’il se retenait à ses hanches et poussait jusqu’à la garde. Il sentirait cette gangue douce l’envelopper.

Seigneur, à cet instant même, il le désirait tellement. Il voulait encore le lécher, le sucer, le dévorer, le mordre. Il voulait encore le posséder, entrer en lui. Il avait encore l’impression de sentir son odeur fait de musc et de sueur.

Un petit coup à la porte le fit sortir de sa transe. Il ouvrit les yeux.

  • Entrez ! Maugréa-t-il.

Fritz entra, a petit pas comptés. Contemplant son maitre avachi dans le fauteuil.

  • C’est pourquoi ? Demanda Christopher sur un ton rogue.
  • Votre Grace, j’ai une lettre pour vous.

Christopher fixa son majordome d’un air torve, puis d’un geste dédaigneux il désigna le bureau où il était assis.

  • Posez-la, ici !
  • C’est que…
  • Quoi ?
  • C’est une missive de Mr Stanhope.

Christopher se releva d’un coup.

  • Donnez-moi cela !

Et il arracha la lettre des mains de son serviteur. Il décacheta le courrier, inconscient du départ de Fritz.

«  Mon amour,

Je suis sûr que tu es en ce moment même en train de boire jusqu’à l’ivresse, pour oublier. Mais, je ne souhaite pas que tu oublies. Je veux que ce que nous avons vécu tous les deux, reste telle une encre indélébile dans ta mémoire, mais surtout dans ton cœur.

Je ne peux te demander de me promettre fidélité. Le corps à ses besoins. Et il n’est pas sain de rester chaste toute sa vie, même si le Clergé a une autre opinion.

Je sais parfaitement ce que tu ressens. Je le ressens aussi. D’autant plus que c’est mon choix. Te rappelles-tu, de notre première rencontre ? Non, pas celle de mon mariage avec ta défunte sœur. Mais notre véritable première rencontre. Nous étions encore que des enfants. J’étais venu avec mon père qui devait apporter des documents au tien. Cela avait été très bref, mais pour moi, inoubliable. Je me rends compte aujourd’hui, que déjà, tu avais laissé ta marque sur moi. C’est peut être aussi, pour cela, qu’ensuite, au plus profond de moi, j’ai voulu combattre ce lien qui s’était déjà insidieusement forgé entre nous. J’ai eu peur d’affronter l’inconnu. Je sais que j’ai été instable, voire même ambigu. Mais, je ne te remercierais jamais assez d’avoir persévérer, de m’avoir poursuivi de tes assiduités. J’embrasse et salue ton opiniâtreté. Car sans elle, je n’aurais jamais connu le véritable amour.

Je sais que tu me voues aux gémonies, je le fais moi-même. Je n’arrête pas de me répéter et si ? Mais nous ne refaisons pas le monde avec des « et si ». Je voulais te dire une chose. Jamais, au grand jamais, je ne regretterais tous les instants que j’ai pu vivre avec toi. Les bons comme les mauvais. Je n’ai jamais été aussi intensément conscient que je vivais, grâce à ta présence, grâce à toi.

Je ne sais aucunement de quoi notre avenir sera fait. Mais ce que je sais, c’est que j’ai eu le pur bonheur de connaitre l’amour, le vrai. Avec Toi.

A l’instant où j’écris cette lettre, tu me regardes, les yeux rêveurs, te mordillant la bouche, sachant pertinemment l’effet que cela me fait. Tu es allongé sur le lit. Dans l’appartement qui est devenu notre, le temps de cette  unique et magnifique semaine. Tu me demandes à qui j’écris. Je t’ai répondu une quelconque fadaise. Tu te lèves, et t’approches. Je ne veux pas que tu lises cette lettre avant, alors je la referme. Tu commences à poser cette délicieuse bouche sur ma nuque, m’envoyant des frissons. Je ne peux résister.

Je reprends ma lettre, à la lueur de la bougie, te contemplant allongé sur le lit, profondément endormi, une expression comblée inscrite sur ton visage. Rêves-tu de moi ? Je l’espère de toutes mes forces, car je sais que ce sera mon cas pour les années à venir.

Je me doute bien que tu projetteras de venir en Amérique, j’ai l’heur de croire que je te connais mieux que tu te connais toi-même. S’il te plait, ne le fais pas ! Ne gâche pas, notre éblouissante aventure. Je vais déjà vivre avec des regrets. Je ne veux pas vivre avec des remords.

Notre amour n’est pas né au bon moment, au bon siècle, que sais-je ?

Mais, un jour, j’en suis persuadé. Des amours tels que le nôtre n’auront pas à se cacher. L’amour entres hommes ou entres femmes sera reconnu par tout le monde ! Et non décriée et vilipendée. J’en suis sûr !

Car c’est et restera avant tout de l’amour !

En attendant, mon aimé, l’âme de ma vie…Nous nous retrouverons, dans une autre vie.

Et n’oublie pas ceci. Je t’aime.

Tu es et resteras le seul pour moi.

Et ce ne sera jamais une fin, mais juste un éternel recommencement. Grace à nos cœurs.

Ton bien aimé Sébastian Henry Stanhope. »

 

Pourquoi était-ce si brouillé ? Il n’arrivait plus à lire.

Une larme, puis une autre, et encore une autre…

Christopher leva les yeux, qu’il réalisa, complètement embué.

  • Mon amour, chuchota-t-il. C’est en tout cas, notre Fin !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 27 et FIN HAPPY END

Chers vous

 

Voici la fin de l’histoire de Sébastian et Christopher en HAPPY END

J’espère que ma petite histoire vous a plu

Vous connaissez ma position sur l’envoi des histoires…

N’hésitez pas à me contacter

En attendant, je vous souhaite une agréable lecture

 

Chapitre 27 – FIN

 

Elton Hall, 20 ans plus tard,

 

Les invités se pressaient dans l’allée des jardins. Une foule compacte s’était présentée pour l’un des évènements majeurs de la décennie.

Le mariage d’Adrien Stanhope, futur Duc De Fiennes et de sa fiancée, la délicieuse Elizabeth Whitmore, fille d’Anthony et Charlotte Whitmore. Même si les membres de l’aristocratie  étaient quelque peu scandalisés par cette alliance, ils ne pouvaient en aucun mettre en doute le profond amour que les deux futurs mariés éprouvaient l’un pour l’autre. Et cette constatation était mêlée d’une certaine jalousie. Les unions au sein de l’aristocratie étaient plus de raison, sous forme d’alliances, que d’amour. De plus, le duc De Fiennes, lui-même avait donné son aval à ce mariage, arguant du fait que les personnes qui n’acceptaient pas cette union avaient parfaitement le droit de ne pas se présenter au mariage. Mais que cette absence aurait un caractère définitif à l’avenir. Et évidemment, personne ne souhaitait s’attirer les foudres du Duc De Fiennes, l’un des hommes les plus puissants d’Angleterre.

Le temps était magnifique et propice aux festivités. Les deux jeunes époux rayonnaient de bonheur, sous le regard attendri de leurs familles respectives.

Non loin de là, deux vieilles dames étaient installées sur un banc  et contemplaient l’actuel Duc De Fiennes qui discutait avec la femme de son neveu. Tandis que Sébastian Stanhope buvait non loin de là, avec son fils, un sourire heureux soulignant ses traits.

  • Dommage que le Duc ne se soit jamais marié. Dit la comtesse de Dayne dans un soupir
  • Oui ! Un tel bel homme, resté célibataire. C’est du gâchis, clairement, ajouta la marquise de Chaterly
  • Les rumeurs disent qu’il ne peut avoir de descendance, suite à un accident de cheval.
  • Possible ! Mais il y a d’autres rumeurs beaucoup plus sulfureuses.

La Marquise de Chaterly se pencha vers son amie.

  • On dit qu’il n’aime pas les femmes, vous savez…

La comtesse se tourna vers son amie, perplexe.

  • Cela me parait évident, vu que saisons après saisons, aucune débutante n’avait trouvé grâce à ses yeux. Et un homme sans virilité, vous savez…Quel dommage, vraiment !

La marquise referma d’un coup sec son éventail, exaspérée.

  • Il n’aime PAS les femmes !
  • Ah, la misogynie ! Un trait de caractère assez commun chez les mâles et encore plus dans les rangs les plus élevés de l’aristocratie.
  • Très chère, je suis abasourdie par tant d’ignorance.
  • Que voulez-vous dire ?
  • Il préfère les hommes !
  • Oh !!!

La comtesse resta un moment silencieuse, absorbant avec consternation, cette délicate information. Puis elle secoua la tête.

  • Qu’est-ce ses racontars idiots ? Sous prétexte qu’homme ne se marie pas, on suppute qu’il a des penchants ignominieux ? Votre accusation est grave !
  • Je n’accuse en rien. Mais c’est ce qu’il se chuchote dans les bals. On dit même que son beau-frère qui vit avec lui est son amant !
  • Je trouve cela scandaleux de détruire la réputation d’un homme sur des ouï-dire. Stanhope a perdu toute sa fortune dans des investissements. Si le duc n’avait pas été là, il serait à la rue, avec son fils. Ce que vous calomniez n’est que de la générosité d’un membre de la famille envers un autre. Vous pensez sincèrement que feu la Duchesse De Fiennes, aurait laissé une telle chose se produire de son vivant ? Et les domestiques ? Vu ne pensez pas qu’ils auraient colporté cette information ? Ce ne sont que des stupidités. Je n’en crois pas un mot. Et je comprends d’autant mieux que cet homme (montrant le Duc qui riait) ne se soit jamais marié, nonobstant son  délicat problème.
  • Ce ne sont que des rumeurs ! Je n’en suis aucunement responsable.
  • Certes, très chère. Mais vous les propagez. Cependant, j’ai le souvenir que vous aviez reçu un sacré camouflet de sa part, il y a quelques années de cela. Il vous avait assené que vos minauderies l’ennuyait profondément. Vos racontars ne sont que pure jalousie.

La marquise rougit furieusement. En effet, elle avait tenté sa chance auprès du duc. Ce dernier l’avait complétement ignoré. Elle avait difficilement supporté cet affront. Etant à cette époque, la débutante la plus courtisée de la saison. La comtesse, goguenarde, enfonça le clou.

  • Il me semble que vous aviez même essayé de l’attirer dans un traquenard, pour l’obliger à vous épouser. Ce qu’il avait catégoriquement refusé. Une chance pour lui que son beau-frère était avec lui, cette nuit-là. Vous avez dû, si je ne m’abuse vous retirer dans votre domaine, le temps que ce scandale soit oublié.
  • Stupides gamineries, j’étais naïve et idiote, je vous l’accorde. Mais depuis, le Duc et moi-même nous nous fréquentons en bonne intelligence. Cette inepte incartade fut vite oubliée.

La comtesse la regarda d’un air moqueur.

  • Certes ! Votre présence aux noces de son neveu le confirme, répondit-elle magnanime.

A une vingtaine de mètres de là, Christopher Lloyd, duc De Fiennes, prenait dans ses bras, celle qui était  devenue sa fille de cœur, sous les yeux attendris de son amant qui les contemplait, non loin de là. La jeune femme, depuis son plus jeune âge  avait compris et accepté la relation particulière que vivaient les résidents d’Elton Hall. Etant la fille d’Anthony, le meilleur ami de Sébastian, elle avait très jeune fréquenté Elton Hall, et avait découvert  cet amour, considéré comme délétère,  si naturel. Le profond attachement à la famille De Fiennes, l’avait d’autant plus baigné dans cette atmosphère de bonheur depuis sa jeunesse. Elle avait tout aussi rapidement assimilé qu’elle ne devait en aucun cas faire étalage de cette façon de vivre, devant des inconnus et invités.  Son père, grand ami de Sébastian, avait pris les précautions nécessaires pour lui expliquer. Le fait qu’elle soit tombée amoureuse d’Adrien, avait encore renforcé le lien amical entre la famille Whitmore et De Fiennes.

Sébastian et son fils se rapprochèrent du couple et le père prit sa bru dans ses bras.

  • Je suis fier que tu sois ma belle-fille ! S’exclama-t-il.
  • Et moi d’avoir gagné deux papas, en plus du mien, lui répondit-elle doucement, avec un clin d’œil.
  • Comme j’aurais aimé que Grand-mère soit des nôtres, dit Adrien.

Christopher qui avait lâché sa belle-fille,  enlaça celui qu’il considérait comme son fils dans ses bras.

  • De là-haut, elle te regarde et approuve ton choix, répliqua-t-il d’une voix douce.

 

La duchesse douairière De Fiennes s’était éteinte paisiblement pendant son sommeil quelques années plutôt. Apres avoir condamnée pendant des années la liaison  entre son fils et son beau-fils, leur indiscutable bonheur à Elton Hall, avait peu à peu modifié sa position initiale. Il fallait dire l’acceptation inconditionnelle d’Adrien et ensuite d’Elisabeth, avait été l’un des plus grands facteurs. Petit à petit, elle en était venue à apprécier son beau-fils, et une solide amitié était née entre ses deux anciens adversaires.

Son décès fut une très grande perte et chagrina tous les membres de la famille De Fiennes et Stanhope.

Le jeune marié sourit tristement. Mais une caresse sur son bras, le ramena à l’instant présent. Sa femme, le fixait, les yeux emplis de chaleur consolatrice.

Sébastian se tourna alors vers son amant. Le Duc essaya de rester impassible, mais il pouvait lire l’émotion dans ce superbe regard émeraude. D’un geste spontané, il lui serra le bras, sachant pertinemment qu’ils ne pouvaient pas se permettre de gestes plus équivoques en public.

La journée continua tout aussi merveilleusement. Les invités furent impressionnés par les mets qu’on leur servit. Ils portèrent des toasts aux mariés et firent quelques réflexions grivoises sur la nuit à venir, ce qui fit rougir la jeune mariée. Mais on pouvait lire distinctement l’impatience sur son  adorable visage.

Quand Adrien et Elizabeth  décidèrent de s’éclipser, pour entamer leur nuit de noces et leur lune de miel, les invités s’en allèrent tranquillement, après avoir remercié chaleureusement leur hôtes et renouveler leurs vœux de bonheur aux époux.

Quand tout le monde fut parti, Christopher et Sébastian se retrouvèrent seuls. Tous deux étaient installés dans le salon qui jouxtait l’appartement du duc, tandis que les domestiques s’afféraient à nettoyer les restes de la fête.

  • Ce fut une superbe journée. Tout le monde était content. Commença Christopher.
  • Oui, répondit son amant, le visage assombri.

Alarmé par l’expression affligée de de ce dernier, le Duc se leva et se rapprocha de lui.

  • Que se passe-t-il, amour ? Tu me sembles triste ?
  • Crois-tu qu’un jour que le monde acceptera ?

Christopher ne fit pas semblant de ne pas comprendre. Ils avaient déjà eu cette discussion. Bien que très heureux, Sébastian avait toujours du mal à vivre caché. Et cette journée si particulière avait fait remonter cette déception, mêlée de rancœur. Comme il aurait, lui aussi voulu, épouser son amant et proclamer à la face du monde son amour pour son lui. Christopher comprenait parfaitement ces sentiments, mais il était  beaucoup plus pragmatique, et avait fait son deuil de ce qu’il ne pourrait jamais avoir. Il se considéra déjà tellement chanceux de pouvoir vivre tout de même avec Sébastian, même dissimulé. Se remémorant leur vingt de vie commune, avec leurs querelles et les réconciliations. Les inquiétudes qui avaient jalonné leur existence. Ils étaient encore fortement étonnés, d’avoir réussi ce tour de force, que cela en était miraculeux, aussi, ils restaient encore extrêmement prudents.

Lors de leurs obligations à Londres, ils avaient veillés à rester excessivement discrets. Chacun vivait dans un appartement à l’opposé l’un de l’autre. Ils ne se touchaient jamais lors des réceptions et autres manifestations sociales. Ils laissaient cours à leur amour que dans la solitude de leurs chambres. Et curieusement, ils avaient réussi à dissimuler à tout Londres leur liaison pendant des années. Evidemment, Christopher, de par sa position au sein de l’aristocratie, ne pouvait se soustraire à ses obligations mondaines. Mais, d’une manière ou d’une autre, il s’arrangeait pour rappeler aux débutantes carnassières son état de santé, qui malheureusement, était distinctement  incompatible avec leurs velléités conjugales. Arguant qu’il ne souhaitait pas enchainer une pauvre demoiselle à un pauvre infirme tel que lui. Sébastian, à chaque fois qu’il entendait cette explication pleine d’affliction, devait contenir son hilarité. Mais, au fur et à mesure du passage du temps, il restait toujours très étonné,  et même vingt ans plus tard, par ce singulier succès.

 

D’un geste tendre, Christopher enlaça son amant.

  • Dans mon cœur, dans mon corps et dans mon âme, tu es mon mari, Sébastian. Tu es le seul que j’aime. Tu es et seras l’unique amour de ma vie.
  • Je le sais, répondit son amant. J’éprouve la même chose que toi. Et ce depuis plus de vingt ans. Mais…
  • Oui, c’est injuste et débile. Mais notre monde moderne n’est pas prêt. Et peut-être qu’il ne le sera jamais. Mais, si cela te tient véritablement à cœur, nous nous marierons, dans la plus stricte intimité.

Sébastian lui sourit et l’embrassa.

  • Merci mon cœur ! Tu es adorable. Mais je n’ai pas besoin d’une union, pour savoir que je suis à toi. Et que tu es à moi. C’est juste que…
  • Un jour, l’androgamie sera admis de tous ! Contra le Duc. Mais pas aujourd’hui. Nous avons la chance de vivre avec des personnes qui acceptent ce que nous sommes. Les domestiques et nos amis. Le reste du monde peut aller en enfer ! Tant que je t’ai Toi !
  • Tu ne regrettes rien ?

Christopher lui jeta un regard faussement courroucé.

  • JAMAIS !! Et si c’était à refaire, je ferais exactement la même chose. Vivre avec toi est et sera toujours la chose la plus exaltante de ma vie. Tu m’as apporté ce qui me manquait. Je t’aime ! Tu es essentiel pour moi. Ma passion, mon besoin, ma vie !
  • Viens mon amour, montre-moi comment tu m’aimes !

Christopher l’embrassa.

  • Une partie d’échec, Amour ?
  • Seulement s’il y a des gages ! Répondit Sébastian, les yeux rieurs.

Sébastian prit la main de son amant, le regard brulant. Ils sortirent du salon et traversèrent le couloir, main dans la main, sous les regards attendris de leurs domestiques qui leur souhaitèrent une bonne nuit.

Ils se dirigèrent vers l’appartement. Ce lieu qui fut que débauche en un certain temps et qui était devenu le temple de leur amour. Sur la table, l’échiquier de Sébastian trônait là, attendant d’être utilisé pour une nouvelle joute.

Christopher a raison, se dit Sébastian en effleurant la reine noire. Pourquoi s’acharner à vouloir plus, alors qu’il avait tout ce dont il avait besoin. Que ceux qu’il aimait acceptaient leur relation hors norme. Sébastian sourit en contemplant Christopher, si droit, si fier, son arrogance toujours aussi flagrante. Oui, son homme, si noble, si digne est et restera le sien. Et rien, ne changera jamais cela.

Et comme le dit si bien, son merveilleux et arrogant compagnon,  le monde peut aller en enfer !

FIN.

 

 

 

 

Chapitre 26 Happy End

Chapitre 26 HE

La duchesse douairière De Fiennes entra en trombe dans le château, hurlant le prénom de son fils, sous le regard effaré des domestiques.

Ces manières si contraires à la posture requise d’une noble, alarma Fritz qui se précipita au-devant de l’invitée.

  • Votre Grâce, votre fils est alité ! Il ne peut recevoir des visiteurs actuellement.

La duchesse se retourna vers le domestique comme une furie.

  • N’essayez pas de m’entourlouper, Fritz, Je suis persuadée que cette idée vient de vous !
  • Votre Grâce, s’offusqua le majordome.
  • Taratata ! Je vous connais Fritz. Je sais de quoi vous êtes capable pour assurer le bonheur de mon fils.

Le vieux serviteur eut la grâce de baisser les yeux, devant la mine furieuse de la duchesse.

  • Où est-il ? S’écria-t-elle
  • Dans ses appartements, répondit le vieux majordome, d’une voix morne.

Sans un regard de plus, elle monta les escaliers, rapidement et entra sans s’annoncer dans la chambre de son fils.

  • Vous avez osé ! Fulmina la Duchesse.

Christopher, à l’entrée en fanfare de sa mère, eut un sourire goguenard. Et haussa les épaules, nonchalamment.

  • Un problème, mère ?
  • Ne le prenez pas sur ce ton Lloyd ! Vous rendez vous compte de ce que vous avez fait !
  • Qu’ais je fais ?
  • Vous…Vous…spoliez votre héritage, voilà ce que vous avez fait !
  • Non, j’ai juste pris les mesures nécessaires.
  • Les mesures nécessaires ? Glapit la vieille dame. Lloyd, ais-je à un moment dans votre vie, donné l’impression que j’étais stupide ?
  • Aucunement, Mère ! Et cela, à ma décharge pouvait s’avérer fâcheux en certaines circonstances.
  • Lloyd ! (la duchesse inspira lourdement) Je ne peux tolérer cela. Vous allez très rapidement, vous remettre de cet « accident » et reprendre votre vie, et ainsi assurer la pérennité de notre nom.
  • C’est hors de question !
  • Lloyd ! Hurla la duchesse, perdant son sang-froid.
  • Calmez-vous, mère !
  • Que je me calme ! Etes-vous sérieux, Lloyd ? Vous êtes en train de nuire à notre famille, en continuant sur cette voie !
  • Que se passe-t-il ? Fit une voix

La duchesse, ferma un instant les yeux, à ce commentaire, comme si elle ne voulait pas y croire. Puis, rouvrant les yeux, elle se retourna vers le propriétaire de cette voix.

  • Bonjour, votre Grâce, déclara Sébastian Stanhope.
  • Vous !
  • Moi aussi, je suis heureux de vous revoir, annonça-t-il, d’un ton moqueur.
  • Tout cela c’est à cause de vous ! S’écria la Duchesse.
  • En vérité, non ! Révéla Christopher. Sébastian a freiné des quatre fers.
  • Vraiment ? Cela devrait peut être me mettre du baume au cœur ? Comment avez-vous pu souscrire à cela ? Vous réalisez le scandale, si cela est découvert ?
  • Nous en sommes conscients, répondit Sébastian, qui se rapprocha de son amant.
  • Cessez immédiatement cette aberration, Lloyd !
  • C’est hors de question, mère !
  • Lloyd ! fixant les deux hommes qui lui faisaient face. Reprenez vos esprits et votre vie d’antan, et cela n’aura aucune incidence fâcheuse.

Christopher contempla sa génitrice. Puis son amant.

  • Je vais être très clair, mère, déclara-t-il sur un ton ferme et définitif. Il est hors de question de revenir en arrière. Je vais vivre avec Sébastian et Adrien. Vous avez le choix. Ou vous acceptez cet état de fait ou vous pouvez dire adieu à votre fils et votre petit-fils. Vous ne serez plus jamais la bienvenue dans cette maison. Et, je vous coupe les vivres.
  • Pardon ? S’égosilla la Duchesse.

Sébastian se tourna vers son amant, abasourdi par cette sentence. Mais le visage de Christopher était figé par une implacable résolution.

  • Christopher, tu ne peux pas…, S’exclama Sébastian.

Mais le regard inflexible de son amant l’arrêta dans son début de plaidoirie.

  • Si je peux. Je suis le chef de cette famille. Evidemment, je vous laisserai de quoi vivre décemment. Mais votre rente sera clairement diminuée. Je ne payerais plus vos domestiques, ainsi que toutes les charges de votre hôtel particulier.
  • C’est un scandale ! Vous ne pouvez pas… S’opposa la Duchesse.
  • Je le peux et je le ferais, répondit Christopher impitoyable. Réfléchissez bien, mère. Où vous souscrivez à ce stratagème, pour le bonheur de votre fils. Ou je fais de votre vie un enfer.

Sébastian contempla la posture rigide de son Duc. La querelle prenait des proportions démesurées. Il n’arrivait pas à croire que son amant était capable d’en arriver à de telles extrémités. Il devait calmer les velléités de son amant. Prenant une inspiration, il commença d’une voix douce.

  • Votre Grâce, si je peux me permettre.

La duchesse leva les yeux vers lui

  • Votre grâce, Il est beaucoup trop tard, pour revenir en arrière. Le « problème de santé » du Duc est de notoriété publique. Ainsi que la déconfiture financière de votre beau-fils, en l’occurrence moi. Nous avons tout fait pour cela. Voulez-vous vraiment perdre l’amour de votre fils et de votre petit fils ? Ne souhaitez-vous pas que Christopher  soit heureux ? Certes, je comprends votre inquiétude, mais je vous assure que nous avons bien réfléchis à tous les paramètres. La discrétion sera de toute nécessité. Ainsi que la prudence.
  • Et les domestiques ? Demanda la Duchesse, d’un ton fataliste.

Les deux hommes sourirent largement.

  • Fritz !
  • Votre Grace ?
  • Vous étiez derrière la porte ? Interrogea Sébastian, étonné de la prompte réponse.
  • Vos vociférations étaient quelque peu bruyantes, répondit le domestique flegmatique.
  • Fritz, ici présent, se porte garant de la domesticité de la maison. Annonça un Christopher triomphant.
  • Certes, votre Grace. Je suis à votre service, ainsi que que toute la maisonnée. Comme du temps de feu le Duc, souligna-t-il.

La duchesse ne releva pas. Toutes les personnes présentes dans la pièce avait parfaitement compris ce que sous entendait le vieux maitre d’hôtel.

  • Bien, s’exclama Christopher. Alors, Madame ?

Les épaules de la duchesse s’affaissèrent. Elle comprit qu’elle n’avait dorénavant aucune alternative. Elle devait plier devant l’invraisemblable sous peine de perdre son fils et de facto, son train de vie.

  • Il semblerait que je n’ai aucunement le choix, siffla-t-elle. Mais vous réaliserez vite votre grossière erreur, Lloyd, quand le scandale nous éclaboussera.
  • Il n’y aura pas de scandale, si mère sait se tenir et reste discrète, riposta Christopher.

Le jeune veuf posa une main sur l’épaule de son amant, l’incitant à se calmer.

  • Nous allons être très vigilant, promit Sébastian. Je vous le jure. Nous connaissons parfaitement les risques qu’implique ce choix de vie. Nous prendrons toutes les précautions qu’il faut.
  • Et Adrien ? Comment envisagez-vous de lui expliquer ? Répliqua-t-elle, dans une dernière tentative de sabordement.
  • Il est encore jeune. Quand le temps viendra, on lui expliquera. Il comprendra.
  • Oh vraiment ?
  • Oui, assena Christopher virulent. On lui apprendra que l’amour fait fi de la race, du sexe, de castes…

Réduite au silence, la vieille dame examina un long moment les trois hommes qui lui faisait face. La guerre, si guerre il y avait, était perdue.  Elle savait maintenant qu’elle devrait composer avec le choix de son fils. Son inquiétude sera toujours présente, quoique les deux hommes en disent. Mais puisque Christopher reste inébranlable, malgré ses arguments, elle comprit que la seule consolation qui lui resterait, était de soutenir son seul enfant, quoi qu’il lui en coute. Le bonheur de ce dernier était à ce prix. Et bien qu’elle n’adhérait aucunement à cette nouvelle vie, elle fera tout son possible pour que cette « relation » reste dissimulée. Autant faire barrière à tout potentiel déshonneur familial, à défaut.

  • Très bien, Lloyd ! Vous avez gagné. Votre honteux secret restera dans les limbes de ma mémoire.
  • Vraiment mère ?

La vieille dame se rapprocha et posa sa main sur la joue de son fils.

  • Ais je le choix ? demanda-t-elle doucement. Visiblement non ! Alors, autant vivre avec.  Et faire en sorte que votre secret ne soit jamais divulgué. Car,  si cela venait à se savoir, nous perdrions tout ! Et je refuse cela.
  • Vous acceptez ?
  • Votre liaison ? Non. Je ne l’accepterais jamais ! Je n’arrive même pas à le concevoir. Cependant, votre intransigeance et votre volonté de vivre avec cet homme (désignant Sébastian) sera sans nul doute, mon épée de Damoclès et mon fardeau.
  • Merci Votre Grâce, déclara Sébastian. Merci ! Je sais que…
  • Non, Stanhope ! Vous ne savez pas…Et vous ne saurez jamais. Bien, maintenant que cet épineux malentendu est réglé, où est mon petit-fils ?

 

Chapitre 26 Bad End

Chapitre 26 Bad End

Sébastian contempla la façade du château qui resplendissait sous le soleil. Les tourelles qui se dressaient fièrement. Grimaçant légèrement, il se remémorera sa dernière visite, Christopher qui l’avait acculé dans le fameux appartement. Ses premiers émois face à cet homme. Qui aurait pu penser que quelques mois plus tard, ce dernier deviendrait un pilier de son existence ?

Un jappement joyeux, suivi d’un hurlement de bonheur le ramena sur terre. Il sourit, un sourire éteint,  quand il vit Wolf faire tomber son petit maitre sur l’herbe et lécher son visage, sous les rires d’Adrien qui le câlinait sans modération, tellement heureux de retrouver son chien.

Quand il leva les yeux vers la porte, il vit le Duc De Fiennes, immobile, contemplant son filleul et neveu, d’un air ému. Les regards émeraude et bleu se croisèrent un bref instant. Puis le duc, baissa les yeux, dissimulant ses émotions, et  descendit nonchalamment les marches pour les accueillir.

  • Bonjour Adrien ! Salua le Duc. Stanhope, lui jetant un regard entendu.
  • Bonjour Oncle Christopher ! Je suis content d’être ici, avec Wolf.
  • Moi aussi, je suis content que tu sois là, mon grand. Tu connais le chemin. Fritz t’attend. Et je sais de source sure que la cuisinière t’a préparé une surprise.
  • Des viennoiseriens ? S’écria le jeune garçon, excité.
  • Viennoiseries, reprit Sébastian.
  • Tu verras, rétorqua Christopher. Allez, va ! Ta chambre est prête. Et après t’être débarbouillé un peu, Fritz te conduira à la cuisine pour prendre ton goûter.

Adrien partit en trombe, Wolf sur ses talons, ne laissant pas le temps à Christopher ou Sébastian de pouvoir émettre un ordre. Les deux hommes le regardèrent, un large sourire sur leur visage.

  • Sacré chenapan, il va me manquer, commenta doucement Christopher.

Le large sourire sur le visage de Sébastian s’éteignit.

  • Oui, c’est vrai ! marmonna-t-il, ne souhaitant pas relever la fin de la phrase.

Le Duc, lui jeta un regard en biais. Mais, ne voulant pas en découdre avec son amant dès son arrivée, il avisa, sur un ton imperturbable.

  • Tes bagages sont dans la chambre bleue. À côté de la mienne.

Sébastian lui jeta un regard en biais.

  • À côté de tes appartements, hein ?
  • Répondit le Duc. Et pas de polémiques, s’il te plait !

Christopher savait que la présence de son amant ici, n’était pas forcement acquise. Il devrait être prudent aussi bien dans ses paroles, que dans ses actes. Une erreur, et Sébastian repartirait. Mais, il ne s’avouait pas vaincu, et ce combat, était celui de la dernière chance. De vivre pleinement heureux. Avec son amant. Il devait tout faire, exploiter toutes ces faiblesses, pour lui faire entendre raison. Le convertir à son idée. Une semaine. Une petite et ridicule semaine. Qui déterminera son avenir.

Sébastian s’esclaffa, devant cette directive,  parée d’arrogance ducale, sa réponse fut une révérence,  toute en moquerie. Christopher leva les yeux au ciel devant cette effronterie goguenarde.

  • Tu me guides !
  • Avec plaisir, répondit Christopher.

Les deux hommes suivirent Adrien, plus posément, et entrèrent dans le château. Ils se dirigèrent vers la chambre, sous les yeux des domestiques impassibles.

  • La Duchesse est ici ?
  • Elle est en visite chez des amis. Ce qui nous laisse la liberté dont nous avons besoin pour cette semaine.
  • Les domestiques ?
  • Tu sais déjà ce qu’il en est.

Arrivant devant la porte, Christopher s’effaça pour permettre à Sébastian d’entrer.

Ce dernier y pénétra et contempla la pièce. Cette dernière comportait un haut plafond, des tapis d’Aubusson posés ici et là, recouvraient le plancher, des tapisseries représentant des scènes bucoliques ornaient les murs. Une cheminée faisait face à l’immense lit. La courtepointe d’un bleu éclatant était assortie aux rideaux. C’était une vaste pièce dotée d’un salon privé, très lumineuse. Ses fenêtres donnant sur l’immense jardin qui entourait le château permettaient de  bénéficier du soleil de l’après-midi. Un coffre bas en bois sculpté était posé non loin du lit. Un grand portant à vêtements et une chaise  et une petite table complétaient l’ameublement de la chambre.

  • Je te laisse te reposer de ce voyage. Et te rafraichir.
  • Je t’attends dans mon bureau, j’ai quelques affaires à gérer. Je ne veux pas être dérangé cette semaine. Et pouvoir vous consacrer, à ton fils et toi, tout mon temps.
  • D’accord, répondit-il dans un murmure.

Sur ces dernières paroles, Christopher ferma la porte, non sans avoir lancé à son amant un regard lourd de désir. Quand il fut parti, Sébastian s’affala sur le lit.

Maintenant qu’il était là, questions et doutes revenaient en force. Était-ce- véritablement une bonne idée de s’octroyer ces derniers instants avec son amant ?  N’aurait-il pas dû couper les ponts de manière plus ferme et définitive ?  Cette parenthèse enchantée n’était-elle pas plutôt une genèse à plus de souffrance ? Toutes ces hypothèses et interrogations le laminèrent encore plus profondément.

Quelle horrible condition que l’indécision. À subodorer, plussoyer, penser, présumer…Il n’arrivait plus à véritablement réfléchir sur ce qu’il était, devenait. Ce que dessinait son avenir ? Car nonobstant cette semaine, qu’allait-il devenir ? Comment allait-il réussir à abandonner celui qu’il aimait ? Évidemment, la logique et les faits l’amenaient à une triste réalité. Il n’aimait pas  cette vulnérabilité.

Resterait-il cet homme, miné par la souffrance, d’avoir perdu son bien-aimé ? Allait-il réussir à continuer à vivre ? Deviendrait-il juste un survivant ? Avec une vie, vide de sens ? Abattement, découragement, morosité, mélancolie, chagrin… ces humeurs qui le qualifiaient actuellement, et à son grand dam, probablement a posteriori. Cette brulure qu’il ressentait en lui, allait-elle un jour disparaitre ? Il aimait, comme il n’avait jamais aimé. Une pointe de culpabilité le fit tressaillir, songeant à sa défunte épouse. Tout ce maelstrom d’émotions si simple à comprendre, mais tellement plus compliqué à admettre et à résoudre. Et qu’il devra occulter toute cette semaine.

Installé dans son bureau, Christopher patientait. Ce qui le concernant était une véritable gageure. Il avait la fâcheuse impression que, depuis ses retrouvailles avec Sébastian, cette aptitude qui lui était alors inconnue, devenait son leitmotiv et façonnait son existence entière. Avec la déconvenue et la déstabilisation.

La vision d’un Sébastian hésitant et embarrassé ne quittait pas son esprit. Il était vrai qu’il avait tout de même réussi à gagner la première manche de ce grand échiquier de la vie, et cela lui apportait un certain réconfort. Mais, il savait tout aussi pertinemment qu’un retournement de situation était tout aussi envisageable, et inopportunément patent.

Son amant lui avait fait vivre des instants ces derniers temps extrêmement difficiles. Soufflant le chaud et le froid. Le mettant dans un état indescriptible d’atermoiement, l’emplissant d’émotions contradictoires navrantes. Ce qu’il supportait assez laborieusement. Il se souvint de cet incident avec le jeune Fritzgerald qu’il avait failli défigurer lors de son entrainement de boxe, de ses  éclats colériques à peine contenus. Oui, Sébastian avait tendance avoir un impact assez insensé sur sa noble personne.

Et cela devait cesser. C’était intolérable de continuer à vivre ainsi, oscillant entre exaspération et bonheur. Et comme il était hors de question qu’il souffre, il allait s’atteler à se rendre heureux.

En fin tacticien qu’il était, il savait qu’Adrien était sa meilleure arme. L’enfant avait pris ses repères et s’était confortablement implémenté dans sa nouvelle existence. Une pointe de culpabilité le saisit, mais il passa outre mesure cette émotion néfaste à ses doux projets. « À la guerre, comme à la guerre », cette expression correspondait parfaitement à son état d’esprit actuel. Tous les moyens devaient être usités pour faire revenir Sébastian sur sa décision.

Oui, il allait ensevelir son amant sous un tel déluge de désir, d’amour et de bonheur que celui-ci ne pourrait plus concevoir sa vie sans lui. Il fera en sorte que ce dernier, pris dans cette toile amoureuse, ne puisse en aucun cas se défaire de ce tendre piège.

Une semaine. Une toute petite semaine. Pour changer son destin.